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Jean-Baptiste Wilkinson, reporter et peintre des années 1930 a dessiné sur ses carnets les gens qu’il rencontrait dans la rue à l’occasion d’un voyage effectué en Martinique vers 1934, à la veille du tricentenaire des Antilles françaises.
Les femmes avaient créé des tenues inspirées de l’Afrique qui sont revenues à la mode sur le continent dans les années 1990, surtout dans l’ouest africain : Sénégal, Mali).
Ces vêtements passaient aux yeux des Blans pour des costumes traditionnels ou folkloriques. On parle désormais de tenues ethniques.
Ce type de vêtement régional était commun en France métropolitaine, dans les campagnes, jusqu’à la guerre de 14-18 pour disparaître ensuite et ne ressortir qu’à l’occasion des fêtes.

J.B. Wilkinson « Costumes de la Martinique », peinture (années 1930). Sourcing image : supplément illustré de L’ILLUSTRATION réalisé entre 1930 et 1935 (collection The Plumebook Café)

J.B. Wilkinson « Costumes de la Martinique », peinture (années 1930). Sourcing image : supplément illustré de L’ILLUSTRATION réalisé entre 1930 et 1935 (collection The Plumebook Café)

Les Indiens Carib, qui avaient supplanté les Arawak, tous originaires d’Amérique du sud, étaient établis dans les Petites Antilles au moment de l’arrivée des premiers Européens.

Découverte le 15 juin 1502 au cours du 4e voyage de Christophe Colomb, la Martinique est devenue française en 1635 lorsque Belain d’Esnambuc y débarqua (il était le gouverneur de l’île de St-Christophe qui a ensuite appartenu aux Anglais).

Voici le groupe des Reines émancipées

J.B. Wilkinson « Costumes de la Martinique », peinture (années 1930). Sourcing image : supplément illustré de L’ILLUSTRATION réalisé entre 1930 et 1935 (collection The Plumebook Café)

J.B. Wilkinson « Costumes de la Martinique », peinture (années 1930). Sourcing image : supplément illustré de L’ILLUSTRATION réalisé entre 1930 et 1935 (collection The Plumebook Café)

Les Carib ont été peu à peu éliminés par les nouveaux arrivants. Battus en 1638 dans la région de la Martinique, ils se sont réfugiés à la Dominique. On n’en comptait plus que 160 pour toute la Martinique en 1692.

 

L’ancêtre Carib est devenu dans les années 1950 le must de ceux qui se cherchait des origines flatteuses. Il était bon, comme en Métropole pour d’autres raisons, de compter alors un « résistant » dans sa famille.

J.B. Wilkinson « Costumes de la Martinique », peinture (années 1930). Sourcing image : supplément illustré de L’ILLUSTRATION réalisé entre 1930 et 1935 (collection The Plumebook Café)

J.B. Wilkinson « Costumes de la Martinique », peinture (années 1930). Sourcing image : supplément illustré de L’ILLUSTRATION réalisé entre 1930 et 1935 (collection The Plumebook Café)

Dès la 1ère moitié du 17e siècle, des Français s’établirent en Martinique. Ils venaient pour la plupart de Normandie, de Bretagne, des provinces du sud-ouest et de la région parisienne.

Colons libres et surtout des engagés de trois ans à même de s’établir comme colons une fois rempli leur contrat de travailleurs agricoles. Ausquels il faut ajouter les engagés forcés : galériens, autres condamnés et protestants « déportés » après la révocation de l’Édit de Nantes (1685). Quelques soldats qui se fixèrent et des étrangers venant de divers pays.

Le jeune homme au torse viril est leur chevalier

J.B. Wilkinson « Costumes de la Martinique », peinture (années 1930). Sourcing image : supplément illustré de L’ILLUSTRATION réalisé entre 1930 et 1935 (collection The Plumebook Café)

J.B. Wilkinson « Costumes de la Martinique », peinture (années 1930). Sourcing image : supplément illustré de L’ILLUSTRATION réalisé entre 1930 et 1935 (collection The Plumebook Café)

En 1640 Jean Aubert qui venait de recevoir le commandement des Antilles françaises y introduisit la culture de la canne à sucre qui devait prendre le pas sur celle du « pétun » ( = le tabac) abandonnée par la suite.

 

La culture de la canne requérait une main-d’œuvre abondante et capable de travailler dans un climat tropical. Aux engagés (qui continuèrent d’être recrutés jusqu’en 1774) succédèrent les esclaves Achetés par les Compagnies ainsi que les trafiquants. Hommes, femmes et enfants originaires des pays de l’Ouest africain, du Sénégal à l’Angola) auxquels se mêlèrent d’autres esclaves qui avaient changé de propriétaires. Un courant d’immigration blanche s’est maintenu jusqu’au milieu du 18e siècle…
L’histoire des rapports entre les différents groupes de population ne faisait que commencer.

J.B. Wilkinson « Costumes de la Martinique », peinture (années 1930). Sourcing image : supplément illustré de L’ILLUSTRATION réalisé entre 1930 et 1935 (collection The Plumebook Café)

J.B. Wilkinson « Costumes de la Martinique », peinture (années 1930). Sourcing image : supplément illustré de L’ILLUSTRATION réalisé entre 1930 et 1935 (collection The Plumebook Café)

Source des informations historiques

Michel Leiris. CONTACTS DE CIVILISATIONS EN MARTINIQUE ET EN GUADELOUPE, éditions Gallimard (UNESCO, 1955).
Étude commandée par l’Unesco en 1952 dans le but de dresser « un inventaire critique des méthodes et des techniques employées pour faciliter l’intégration sociale des groupes qui ne participent pas pleinement à la ie de la communauté nationale du fait de leurs caractéristiques ethniques et culturelles ou de leur arrivée récente dans le pays ».
Contrairement aux idées reçues le sujet de l’intégration des nouveaux arrivants dans une société humaine organisée fait partie de la vie même de cette société. Mais nous avons changé d’échelle, quand notre esprit continue de se référer à des réalités d’un autre temps qu’il ne sert à rien de regretter.

Retrouver la Martinique sur le Blog

Le pays natal

 

 

 

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