Sauvages et civilisés

Lectures croisées

Illustration d’une femme et d’une fillette de Saint-Jean-d’Arves en costume des dimanches, A droite, échelle conduisant au grenier situé au-dessus de l’étable. Ces deux planches en couleurs sont extraites du livre écrit en par Miss Canziani vers 1905 et publié dans sa traduction française en 1920 à Chambéry. Réédité par Curandera en 1989. Dans sa préface l’auteur note : « …dans certains coins reculés, on croit encore aux fées, et les gens n’y ont guère été atteints par ce qu’on appelle la civilisation. »

Illustration d’une femme et d’une fillette de Saint-Jean-d’Arves en costume des dimanches, A droite, échelle conduisant au grenier situé au-dessus de l’étable. Ces deux planches en couleurs sont extraites du livre écrit en par Miss Canziani vers 1905 et publié dans sa traduction française en 1920 à Chambéry. Réédité par Curandera en 1989. Dans sa préface l’auteur note : « …dans certains coins reculés, on croit encore aux fées, et les gens n’y ont guère été atteints par ce qu’on appelle la civilisation. »

Un Écossais en Haute-Savoie à la fin du 18è

Thomas Blaikie est un jeune Écossais de 25 ans. Il vient dans les Alpes pour herboriser, à la demande du docteur Fothergill qui l’emploie d’ordinaire dans le domaine qu’il possède au nord-est de Londres.


Le 30 août 1775, Thomas se rend à Chamonix. Venant de Genève, il a passé la nuit à Bonneville qu’il quitte le lendemain matin pour Sallanches.
« J’ai logé dans un petit village appelé Sallanches que j’ai trouvé très pauvre, et j’ai eu un logis quelconque. J’ai quitté cet endroit tôt le matin. J’ai été frappé à chaque pas par la hauteur des montagnes de chaque côté, mais surtout par le Mont-Blanc qui s’élève supérieur, comme un roi, à tous les autres, en forme de cône entièrement couvert de neige.
Je me suis restauré dans un cabaret à Chamonix.
(plus tard) … nombre de rochers en forme d’obélisques chinois. Les habitants les appellent des aiguilles… Nous avons passé la soirée très agréablement, et avons eu du lait pour souper. J’ai trouvé les nuits très froides sur ces hauteurs.
(un autre soir, dans la montagne au-dessus de La Roche)… J’ai eu le meilleur de ce qu’elle pouvait offrir, qui était du lait, du fromage et de la crème, et un lit de foin sur le plancher. Le matin, j’ai déjeuné de caillé et de crème que ma bonne hôtesse m’a donnés. »
(A Taninges, il va à l’auberge de La Croix Blanche où il demande à souper et du vin. Mais rapidement des gens s’attroupent devant la porte. Ils sont armés de bâtons et de fourches. On lui demande qui il est, lui disant qu’il ferait mieux de s’en aller tout de suite. Au dehors, la populace qui a tué deux personnes quelques jours auparavant, sous prétexte de religion (Thomas ne le sait pas, bien-sûr), veut le tuer à son tour. Il réussit à s’enfuir après le dîner et trouve une cachette dans la montagne pour passer la nuit. De là il entend les cris des paysans et voit brûler la cabane où l’aubergiste lui avait offert de dormir (moyennant finances).  Malgré l’obscurité, Thomas grimpe encore plus haut, près du sommet de la montagne, suivant un chemin tracé pour descendre le bois. Dès le jour levé, il se dirige vers Genève en se tenant toujours éloigné des villages.
« Du sommet  j’ai commencé à reconnaître l’aspect du pays, et j’ai pu apercevoir le mont Salève vers lequel je me suis hâté. »

Le livre : « Sur les traces d’un jardinier » avec le sous-titre : Journal de voyages (1775-1792). Les Editions de l’Imprimeur, coll. Jardins et Paysages, 1997.

Une Anglaise en Sierra Leone un siècle plus tard

Photographie représentant un garçon et une fille devant un tissu, en pays Mende (Sierra Leone, « Country Cloths », 1924). Image extraite de « Au Fil de la Parole », catalogue de la Fondation Dapper à Paris, 1995. « Chez les Mende, les productions textiles occupent une place irremplaçable dans la vie sociale et cultuelle. »

Photographie représentant un garçon et une fille devant un tissu, en pays Mende (Sierra Leone, « Country Cloths », 1924). Image extraite de « Au Fil de la Parole », catalogue de la Fondation Dapper à Paris, 1995. « Chez les Mende, les productions textiles occupent une place irremplaçable dans la vie sociale et cultuelle. »

Site de la Fondation Dapper:  http://www.dapper.com.fr/fondation-dapper.php

Mary, la rebelle

Fille d’un médecin, appartenant à la bourgeoisie intellectuelle, et de sa cuisinière, Mary Kingsley restera tiraillée toute sa vie entre les deux pôles sociaux qu’incarnaient ses parents. Son père accompagnait au cours de leurs voyages à travers le monde de riches aristocrates anglais qui aimaient l’aventure. Quand Mary a 30 ans, ses parents meurent tous les deux. Elle se retrouve libre et avec assez d’argent pour voyager à son tour. En 1895, elle embarque pour l’Afrique.
« Pour commencer, je m’enquis auprès de mes amis. Que savaient-ils de l’Afrique occidentale ? Rien, pour la plupart. Toutefois, certains me répliquèrent : « Vous n’allez quand même pas partir là-bas ? C’est là que se trouve la Sierra Leone, vous savez, le tombeau de l’homme blanc ! »
« Naturellement, alors que ma raison s’alarmait des bruits qui couraient sur l’Afrique tropicale, mon cœur était irrésistiblement attiré par la région. … Au début du mois d’août 1893, je quittais pour la première fois l’Angleterre. .. (Un ami lui avait envoyé deux coupures de journaux peu avant le départ, dont une contenait le contenu de conversation courante au Dahomey) On y lisait tout d’abord : Au secours, je me noie ! puis une série d’exclamations ; Cet homme n’est-il pas un voleur ? Le bateau chavire ! Debout, bande de fainéants !… »
Parvenue à Freetown, Mary observe la foule dans la rue : « En dépit des odeurs, du tintamarre et de la chaleur qui rivalisent d’intensité, l’homme de la rue porte à peu près n’ilporte quoi : le moindre bout de chiffon fait l’affaire, que l’on ne prend même pas la peine d’attacher. Les vêtements tiennent probablement par l’opération du Saint-Esprit… Le vêtement féminin varie presque autant que celui des hommes, quoiqu’il soit plus propre et plus soigné. Les femmes, d’allure volontiers pittoresque, sont à l’occasion très jolies…. »

Le livre : « Une Odyssée africains » publié en 1897, édité chez Phébus en 1992 avec le sous-titre : « Une exploration victorienne chez les mangeurs d’hommes » (1893-1895).

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