Quoi de neuf ?

Comme une baigneuse accroupie sur le sable

Félix Vallotton « Femme nue assise dans un fauteuil », 1897. Huile sur carton marouflé sur contre-plaqué. Sourcing image : carte reproduction du musée de Grenoble (collection Vert et Plume)


Je m’amuse des informations statistiques diffusées par des organismes dont le degré d’indépendance n’est pas assuré. Ainsi les études publiées à propos du coût de la vie cherchent-elles à nous convaincre de deux choses dont nous pouvons douter (a) que les prix à la consommation sont stables (b) que le passage du franc français à l’euro, le 1er janv.1999, n’a pas été synonyme d’une dépréciation du pouvoir d’achat.

Ainsi, une carte postale en couleurs que j’achetais 1.20 FRF à la sortie d’une exposition coûte aujourd’hui 2.20 EUR, soit l’équivalent de 14.43 FRF. Le prix à payer désormais pour contempler sans être bousculé la reproduction d’une femme peinte à l’huile en 1897 par Félix Valloton. La femme est entièrement nue. Elle n’a pas de beaux seins mais un joli ventre que j’ai envie de caresser. La légende de la carte prétend qu’elle est assise ce qui n’est pas correct. D’une femme assise sur la croupe, sur les talons, on dit qu’elle est accroupie. Une position qui convient davantage à une baigneuse au sortir de l’eau pour se faire sécher au soleil sur le sable. Félix Valloton l’aura surprise. Il se sera approché d’elle, lui aura expliqué qui il était et l’aura suppliée de ne pas bouger. Le temps de la dessiner dans cette position. On ne voit pas son visage qu’elle aura pudiquement détourné sans protester. De retour dans son atelier Valloton aura choisi de l’installer sur un fauteuil rouge. Après avoir peint les murs en vert, une couleur qui lui rappelait le cadre champêtre où il avait surpris son modèle, il aura accroché en haut à droite un cadre renfermant le dessin d’une montagne ou d’une souris, difficile à dire.

Les archevêques chantaient

Luis Buńuel, « L’âge d’or », 1930. Film sonore et parlant. Sourcing image : « L’Avant-Scène du Cinéma », spécial Bunuel (juin-juillet 1963). Collection Vert et Plume

Le film « L’âge d’or » réalisé par Luis Buńuel au début de sa carrière, qui était projeté gratuitement au ciné-club de mon lycée, est diffusé aujourd’hui par le Centre Pompidou sous la forme d’un DVD d’une durée de 35 minutes pour la modique somme de 24.90 EUR, soit 163.33 FRF.

Un monde que nous voulons changer

Luis Buńuel, « L’âge d’or », 1930. Film sonore et parlant. Sourcing image : « L’Avant-Scène du Cinéma », spécial Bunuel (juin-juillet 1963). Collection Vert et Plume

A moins d’un euro la minute, le film est plus économique qu’un café qui peut être avalé en quinze secondes si on l’aime brûlant. La « merveilleuse » pochette du DVD renferme en prime 1 livret comprenant 1 texte, 8 illustrations en noir et blanc et 1 photo, toutes de mauvaise qualité.

Flash infos artistes

Félix Vallotton « Le mot de la fin », gravure sur bois (vers 1895, date exacte à confirmer). Sourcing image : bibliothèque Vert et Plume

Luis Buńuel. Cinéaste espagnol. 1900-2983. « L’âge d’or », son second film, fut projeté fin 1930 au Studio 28 à Paris. Produit grâce au financement de Charles et Marie-Laure de Noailles, le film fit scandale. Le cinéma fut saccagé quelques jours plus tard par des groupes de fascistes français (dont la Ligue anti-juive). La copie de projection du film fut finalement détruite sur ordre du préfet de police Chiappe, l’originale ayant heureusement été conservée par le producteur.
A propos de « L’âge d’or », lire aussi :  Et la nuit éclairait la nuit.
Le titre de l’article au-dessus est une répartie du capitaine au début du film (joué par Max Ernst.)
Félix Vallotton. Dessinateur, écrivain et peintre né à Lausanne en 1865. Fit toute sa carrière à Paris où il mourut en1925.

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