Parler à la lune

Quatre cent deux mille cinq cent cinquante quatre

C’est le nombre de personnes qui ont visité le blog de Vert et Plume depuis sa création fin 2009.

Le titre de l’aquarelle de Barthélémy Toguo convenait pour exprimer le désarroi du blogueur face à un chiffre qui n’a guère de sens, hormis de se dire « c’est mieux que si personne n’avait cliqué sur une de tes images, ni lu un seul de tes textes ! ».

Barthélémy Toguo « Talking to the moon”, 2013. Aquarelle sur papier, 250 x 250cm. Sourcing image : catalogue de l’exposition au musée d’art moderne de Saint-Etienne, printemps 2013 (bibliothèque Vert et Plume, 1905/13)

Deux cent quatre-vingt dix articles en ligne, deux mille soixante images. Entre quatre et cinq cents spams par mois. Vingt cinq à trente mails publicitaires par jour.

Soixante treize commentaires, laissés la plupart du temps par des femmes qui déclarent aimer se promener sur ce blog, regarder les images, parcourir les textes, s’en aller puis revenir. Une fois, une journaliste de France Inter appelle pour avoir des renseignements sur l’auteur de ces lignes. Une autre fois, un artiste réclame des photos d’une de ses expos dont il n’a lui-même pas beaucoup de traces. Quand je les lui envoie, il ne donne plus signe de vie. Un autre, plus sulfureux, me remercie d’avoir parlé de lui. Sympathique et raffiné, il me téléphone, cela fait partie de son style d’expression : à visage découvert.

Il arrive qu’un directeur de rédaction demande que sa revue soit mentionnée dans le Carnet d’adresses. Ou qu’un photographe s’insurge que je ne lui ai pas demandé au préalable sa permission de publier..

Je me suis fâché avec un blogueur qui faisait de mes images un usage pernicieux et refusait obbstinément de le reconnaître. Il m’est toujours apparu important de respecter le sens d’une œuvre (peinture, sculpture, photographie, film, installation), ne pas trahir l’artiste qui l’a créée.

Quatre cent deux mille quatre cent quatre-vingt un

Michelangelo Antonioni "Blow-up", 1965. Film en couleurs. Sourcing image: capture d'"cran, vidéothèque Vert et Plume

Qui sont les quatre cent deux mille quatre cent quatre vingt un visiteurs qui n’ont laissé aucune trace de leur passage ?

Des lycéens venus copier l’image de la Civilisation Atlantique dont leur prof d’histoire a mis les références sur son propre blog. D’autres qui ont besoin de la carte de la France sous l’Occupation allemande. Des gens bizarres aussi qui détachent les images de leur contexte et les entasse dans leur blog comme des malades, sans mention du nom de l’artiste ni de la date de création.

Des gens semblables à ceux que l’on croise dans la rue, qui ne vous regardent pas, vous bousculent, vous marchent sur les pieds.

Des passants qui sourient, rient, crient, courent, écoutent de la musique en marchant, des visiteurs pressés. Et moi qui poursuis mon chemin en parlant à la lune.

2 commentaires

  1. Martine

    Et la lune a un visage pour qui sait la regarder! Mon ami Pierrot, vous avez une plume et elle nous fait voyager. Merci.

  2. Plumebook Café

    oui c’est ça, voyager, être un voyageur(-euse) plutôt qu’un(une) touriste.

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