Noir tumulte

EN BREF. Essayer d’imaginer un vocable générique sous lequel rassembler expériences sur le terrain, lectures et idées personnelles à propos de la relation que les Français entretiennent avec l’Afrique dans la période post-coloniale qui malheureusement est encore la nôtre,  ainsi que les spécificités et la culture d’un monde en profonde mutation qui est celui des peuples vivant au sud du Sahara.

Dessin de Joe Dog in Bitterkomix, Afrique du sud.

Joe Dog « Bitterkomix » (anthologie de la B.D. sud-africaine au temps de l’apartheid. Editions de L’Association, 2009 (Bibliothèque Vert et Plume)

« Regardez l’Afrique, depuis que les blancs sont partis ils n’arrivent plus à s’en sortir.»
Propos entendus en Afrique dans la bouche des Européens.

Définitions

Noir, adj. et n.
Qui appartient à la race mélano-africaine à peau très pigmentée (V. Nègre) Des hommes à la peau noire. Une femme noire. Race noire, peuples noirs. (V. Négritude) Par ext. Propre aux personnes de cette race. L’âme noire. Le problème noir aux Etats-Unis. Subst. Les Noirs. Ant. Blanc.
Tumulte, n.m.
Mod. Agitation bruyante et incessante. Le tumulte de la rue, de la ville.  // Par ext. (Littér.) Le tumulte des flots, de l’orage. Ant. Calme, ordre, paix, silence, tranquillité.
Noir tumulte
Dans le sens où personne ne peut dire aujourd’hui ce qui adviendra de l’Afrique, sauf d’exprimer des idées générales ou des idées reçues.

Le noir est un cri

« Le noir est un cri » :  petite phrase extraite de « Les couleurs du noir », par Dominique Païni (Catalogue de l’exposition « Le noir est une couleur ». Fondation Maeght, 2006.). Une formulation à la fois esthétique et spirituelle qui a une résonance particulière. Les peintures ci-dessous de Bernar Venet faisaient partie de cette exposition. L’artiste vit et travaille aujourd’hui au Muy (Var) où il a installé sa fondation qui abrite sa collection et a fêtéen juillet 2009 son 20ième  anniversaire.

Bernar Venet, gourdron sur toile. Suite de 4 toiles, 1963.

Bernar Venet, gourdron sur toile (1963). Suite de 4 toiles, 1 et 2. Sourcing image : « Le Noir est une couleur » - Hommage vivant à Aimé Maeght, Fondation Maeght (2006). Catalogue de l’exposition, bibliothèque Vert et Plume (2008)

Bernar Venet, suite de 4 toiles.

Bernar Venet, gourdron sur toile (1963). Suite de 4 toiles, 3 et 4. Sourcing image : « Le Noir est une couleur » - Hommage vivant à Aimé Maeght, Fondation Maeght (2006). Catalogue de l’exposition, bibliothèque Vert et Plume (2008)

Docteur Livingstone, je suppose ?

Henry Morton Stanley et David Livingstone, 10 nov.1871. Rencontre sur les bords du lac Tanganyika. Sourcing image : « Africa, in the footsteps of the great explorers », Kingsley Holgate (2006). Bibliothèque Vert et Plume, mai 2008

Henry Morton Stanley et David Livingstone, 10 nov.1871. Rencontre sur les bords du lac Tanganyika. Sourcing image : « Africa, in the footsteps of the great explorers », Kingsley Holgate (2006). Bibliothèque Vert et Plume, mai 2008

L’américain Stanley retrouvait un Livingstone aux cheveux mal coiffés, à la barbe abondante (pas du tout comme sur la gravure)  que tout le monde croyait mort : « Doctor Livingstone, I presume ? »

C’est avec le goudron que Stanley avait donné au docteur Livingstone pour l’entretien de sa barque que ses compagnons  Souzé et Chouma badigeonneront plus tard le linteau posé sur deux poteaux massifs encadrant la tombe où le coeur de l’explorateur, décédé le 1er mai 1873, avait été enfoui.

Jean-Michel Basquiat "Native carrying some guns, bibles, Amorites on safari", 1982 (peinture acrylique et huile sur toile avec châssis bois apparent. Sourcing image : catalogue de l'exposition Jean-Michel Basquiat au Whitney museum of American art, N.Y. (1993). Bibliothèque Vert et Plume, 2010

Jean-Michel Basquiat "Native carrying some guns, bibles, Amorites on safari", 1982 (peinture acrylique et huile sur toile avec châssis bois apparent. Sourcing image : catalogue de l'exposition Jean-Michel Basquiat au Whitney museum of American art, N.Y. (1993). Bibliothèque Vert et Plume, 2010

Au terme d’un incroyable périple, qui préfigurait celui de Rimbaud en Éthiopie rejoignant la côte sur une civière 18 ans plus tard, la dépouille de David Livingstone atteignit Zanzibar en février 1874 pour être ensuite transportée en Angleterre. Pour être inhumée le 18 avril de la même année dans l’abbaye de Westminster.

Portrait de David Livingstone, jeune.

David Livingstone (1813-1873). Portrait du médecin-pasteur-explorateur vers 1855. Sourcing image : « Africa, in the footsteps of the great explorers », Kingsley Holgate (2006). Bibliothèque Vert et Plume, mai 2008

James Chuma & Abdallah Suzi (vers 1870-1880). Fidèles compagnons de voyage de David Livingstone pendant près de 15 ans. Sourcing image : « Africa, in the footsteps of the great explorers », Kingsley Holgate (2006). Bibliothèque Vert et Plume, mai 2008

James Chuma & Abdallah Suzi (vers 1870-1880). Fidèles compagnons de voyage de David Livingstone pendant près de 15 ans. Sourcing image : «Africa, in the footsteps of the great explorers», Kingsley Holgate (2006). Bibliothèque Vert et Plume, mai 2008

Détournement de deux tableaux de Rothko

MARK ROTHKO
« Mes tableaux actuels renvoient à l’échelle des émotions humaines, du drame humain, autant que je suis capable de l’exprimer » (1958).

Mark Rothko, sans titre (White, Black, Greys on Maroon), 1963.

Mark Rothko, sans titre (White, Black, Greys on Maroon), 1963. Sourcing image: catalogue de l’exposition au Musée d’art moderne de Paris, printemps 2009 (Bibliothèque Vert et Plume)

L’idée tragique de la déportation, de la colonisation et du travail forcé.

Mark Rothko, N°5 (Red, Black and Brown-Black), 1963.

Mark Rothko, “N°5” (Red, Black and Brown-Black), 1963. Sourcing image: catalogue de l’exposition au Musée d’art moderne de Paris, printemps 2009 (Bibliothèque Vert et Plume)

L’idée tragique de la répression du peuple par l’armée.
(Afrique du sud au temps de l’apartheid, Kenya, Zimbabwe, Congo, Nigeria, Sierra-Leone, Guinée Conakry, etc…)

Le regard des artistes

Par delà le point de vue de l’anthropologue, celui du touriste, du bon samaritain, de l’homme d’affaires ou du xénophobe, c’est la façon dont le regard des artistes et des intellectuels africains et européens se manifeste et se transforme qui est intéressante.

Installation de Yinka Shonibare présentée à Paris en 2005 dans le cadre d'Africa Remix.

Yinka Shonibare « Victorian philanthropist’s parlour », 1996-1997. Installation présentée dans l’exposition « Africa Remix » (Centre Pompidou, 2005). Sourcing image : catalogue de l’exposition (Bibliothèque Vert et Plume)

Victorian philanthropist's parlour, détail du tissu.

Yinka Shonibare « Victorian philanthropist’s parlour », 1996-1997 (détail du tissu). Installation présentée dans l’exposition « Africa Remix » (Centre Pompidou, 2005). Sourcing image : catalogue de l’exposition (Bibliothèque Vert et Plume)

Flash artiste

Yinka Shonibare. Né en 1962 à Londres où il vit et travaille. Sa famille est originaire du Nigeria. (Centre Pompidou : L’art contemporain d’un continent, été 2005).

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