Nocturnes – 1/3

Mémoires d’une princesse

Mon mari, le Prince charmant, parle sans cesse de Blanche Neige et de la Belle au Bois Dormant avec ses soldats qui sont des jeunes gens issus de la noblesse de ce pays. Ils ont à peine vingt ans et, moi-même, je succombe à leurs charmes mais n’ose leur exprimer mes sentiments.

Depuis que je suis mariée, le Prince n’est jamais rentré dans ma chambre. Je suis toujours vierge. C’est à peine si le Prince fait attention à moi.

Vassily Kandinsky « La nuit », 1907. Illustration d’un conte russe « La Belle Wassilissa ». Sourcing image : Georges Banu « Nocturnes, peindre la nuit, jouer dans le noir », éditions Biro (2005). Bibliothèque Vert et Plume)

« C’est la nuit du merveilleux, dans le sens d’une couche qui recouvre le monde sans le sésorganiser… »
Georges Banu (auteur du livre d’où l’image ci-dessus est tirée)


SUITE 1.  La nuit, je sors de ma chambre et vais, légèrement vêtue, me promener sur les remparts où j’entends, lorsque je passe devant eux, les gardes dire à demi-voix : « Regarde comme cette femme est belle ! – Elle a épousé le Prince, notre maître. – « Sais-tu qu’elle est à prendre ? »

Je n’en suis pas fâchée, bien au contraire. Car je ne peux demeurer éternellement dans cet état. Il me faut un vit et je compte sur celui de l’un de ces jeunes gens pour remplir, à sa place, les devoirs conjugaux du Prince.

En ont-ils encore le goût ? Nous ne sommes que trois femmes dans ce château. La femme de chambre, ma dame de compagnie et moi. Les pages et tous les domestiques sont des garçons, plus jeunes encore que les soldats.

Je décide de faire sans plus attendre la conquête de la sentinelle du pont-levis dont j’ai senti à plusieurs reprises qu’il me regardait d’une manière insistante. Je n’hésite pas à m’approcher pour lui parler. Nous sommes si près l’un de l’autre que nos manteaux soulevés par le vent semblent ne former qu’un seul vêtement. La vue de ses fesses musclées, éclairées par la lune, excitent ma convoitise.

« Je vous aime Madame et je n’ose parler », me déclare-t-il.

«  N’aie aucune crainte. » – Je vois qu’il bande. – « Je veux que tu me prennes dans tes bras, je veux que tu me foutes ! » – Je lui tends la main. Il la presse sur ses lèvres. – « Chaque jour je vous vois passer, dit-il, Vous êtes ce que la nature a fait de plus séduisant. » – « Tais-toi et viens ! » – « J’ai peur de déplaire au Prince. » – « C’est lui qui m’envoie, il m’a demandé de choisir celui d’entre vous qui le remplacera auprès de moi et lui donnera un fils ! » – « Je suivrai vos ordres, Madame, et ferez tout ce qui sera possible. » – Assez parlé, viens cette fois ! –

Ou, la première nuit d’une jolie femme

A peine ai-je refermé la porte de ma chambre derrière le jeune homme que je me débarrasse de mes vêtements et me couche dans le lit, vêtue d’une chemise lacée sous la poitrine, assez courte pour ne rien dissimuler de ma toison que j’ai découpée en forme de cœur. Je brûle d’être foutue par ce garçon qui me tourne le dos pour se dévêtir et me montre son cul qui est encore plus beau, illuminé par le feu qui crépite dans la cheminée.

Marc Chagall « La nuit de Vence », date n.c. – Peinture sur toile. Sourcing image : Georges Banu « Nocturnes, peindre la nuit, jouer dans le noir », éditions Biro (2005). Bibliothèque Vert et Plume)

« Grâce à ses nuits habitées, Chagall parvient à retrouver cette expression du conteur qui narre (…) les scènes fondatrices de la vie de l’homme à la campagne. »
Georges Banu (auteur du livre d’où l’image ci-dessus est tirée)


SUITE 2.  Je fais mine de fermer les yeux. L’entends qui s’approche du lit et me donne un baiser que je lui rends en enfonçant ma langue dans sa bouche. Il se laisse faire. Je suis si heureuse. Je sens gonfler mon sexe. Le garçon ne perd pas de temps, il me soulève les jambes et les fait passer par-dessus ma tête. Mon derrière est si relevé qu’il doit apercevoir mon petit trou. Loin de s’en offusquer, il darde sa langue à l’intérieur, fait couler sa salive. Il me fout de suite et je me prête à la circonstance. Son vit ne me fait aucun mal. Je me caresse en même temps qu’il va et vient en moi. Nous déchargeons ensemble. Quel bonheur ! Quelle ivresse !

Revenue de ce trouble enchantement, je saisis son vit qui est encore raide et m’assieds lentement dessus en prenant bien soin de l’introduire cette fois dans mon vagin. Je suis si excitée qu’il ne me fait aucune mal. Je comprime son vit, le relâche, je mouille en abondance et sens que mon amant de la nuit bande à nouveau. Nous déchargeons ensemble. Je suis contente de voir que cette manière de faire lui plaît.

Je m’allonge sur lui et dit en riant : « Si tu n’es pas fatigué, je voudrais que tu me foutes encore avant de me quitter ». – « Vous êtes hardie, Madame, s’exclame-t-il en attrapant mes jambes qu’il soulève et fait passer par-dessus ma tête. Je ne suis pas mécontente. Il bande, je brûle d’être foutue, cela m’arrive pour la troisième fois et la nuit ne fait que commencer.

D’après un texte anonyme datant de 1842 : « Vingt ans de la vie d’une jolie femme, ou Mémoires de Julie R… », extrait du livre de Jean-Jacques Pauvert Anthologie historique des lectures érotiques – Tome 2 « De Sade à Victoria », 1791-1904 (éditions Stock / Spengler, 1995). Bibliothèque Vert et Plume

Flash infos artistes

Marc Chagall. 1887-1985. Peintre d’origine russe, émigré en France.

Vassily Kandinsky. 1866-1944. Peintre d’origine russe, théoricien de l’art, émigré en Allemagne puis en France.

2 commentaires

  1. Martine

    Comment puis-je m’abonner à votre blog?

  2. webmaster

    Bonjour Martine,

    Un formulaire d’inscription est maintenant disponible en page d’accueil, colonne de droite, rubrique « Nous suivre ».

    Voici les étapes à suivre pour souscrire au flux d’actualité de Plumebook Café :
    1. Entrez votre adresse e-mail et validez.
    2. Le service Google associé appelé FeedBurner vous propose un petit formulaire dans une popup.
    3. Vous recevez un e-mail (en Anglais…). Il faut cliquer sur le lien d’activation.
    4. Une popup vous informe que vous êtes à présent inscrite au flux d’actu.

    Cordialement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*
*