Mourir pour de vrai

La guerre est enseignée à l’école. Il semble qu’elle sous-tende l’histoire. Connaître les dates des guerres et des batailles.
Les adultes commémorent la guerre. Entre 1920 et 1940 les Français n’ont eu de cesse de commémorer la grande guerre sans véritablement se soucier des moyens à mettre en œuvre pour empêcher qu’une nouvelle se produise.
On exorcise les guerres comme si elles étaient le fruit d’un hasard ou d’une fatalité. Il n’en est rien. Elles ne sont pas seulement le fait des autres. Chacun des camps est partie prenante de la guerre.

Tué !

François Truffaut « Les Mistons », film en noir et blanc (1957. Sourcing image : capture d’écran (vidéothèque The Plumebook Café)

François Truffaut « Les Mistons », film en noir et blanc (1957. Sourcing image : capture d’écran (vidéothèque The Plumebook Café)

Le 25 mars 1957 la France signait le traité de Rome, fondateur de la communauté européenne. Le 28 mars le général Jacques Pâris de Bollardière dénonçait l’usage de la torture en Algérie et demandait à être relevé de ses fonctions. Les Algériens attendront le 5 juillet 1962 pour fêter leur indépendance.

 


Les enfants jouent à la guerre. Dans les films, les livres, les jeux, la guerre et d’autres formes d’expression de la violence ont une grande place.
Les médias ne manquent pas une occasion de montrer la guerre, les formes de violence et de sévices infligés à autrui.
Quand ils ne le font pas, internet s’en charge.
Dans leurs discours, les hommes politiques utilisent volontiers des expressions guerrières pour manifester leur détermination.
La guerre est censée illustrer la force et la virilité de ceux qui la font.
Elle n’est plus glorifiée..
Il y a une tradition des reporters de guerre. Les images de guerre exercent une sorte de fascination. Il en allait ainsi lorsque les soldats allemands exécutaient des prisonniers en Pologne. Les gens venaient voir les autres mourir. Leur corps basculé dans la fosse commune. Les enfants comme les adultes. On ne voit pas de femmes sur les photographies.
Au début du 20e siècle, au moment de la guerre russo-japonaise, photographier les prisonniers de guerre était considéré comme une humiliation. Aujourd’hui les caméras filment sans pudeur les visages des gens en gros plan et s’attardent sur eux comme s’ils étaient des objets de curiosité.

Tué !

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François Truffaut « Les Mistons », film en noir et blanc (1957. Sourcing image : capture d’écran (vidéothèque The Plumebook Café)

Quand les enfants jouent à la guerre, ce qu’ils aiment c’est se tuer les uns les autres. Dans son roman « Sa Majesté des Mouches » (1954 et 1956 pour la traduction française) William Golding avait imaginé qu’ils finissaient par se tuer pour de vrai.

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