L’effacement du beau

Mobilier dessiné par Erven Rietveld, 1984. Sourcing image : carte éditée par Art Unlimited, Amsterdam (collection The Plumebook Café)

Mobilier dessiné par Erven Rietveld, 1984. Sourcing image : carte éditée par Art Unlimited, Amsterdam (collection The Plumebook Café)

 

 

Le fauteuil n’est plus guère utilisé que par les dirigeants pour asseoir leur autorité et les hommes d’Église pour trôner en majesté sous le regard amusé des caméras.

 


Les pièces de l’appartement d’un citoyen ordinaire sont devenues si petites qu’il préférera le canapé double fonction au fauteuil plus encombrant que pratique.
On peut encore admirer des fauteuils en contemplant des vitrines des magasins d’ameublement du boulevard St-Germain, ou en visitant les anciens châteaux qui renferment toutes sortes de fauteuils anciens dans lesquels il était d’usage de s’installer confortablement pour converser.
S’il est pour certains l’apanage du pouvoir et de la majesté, le fauteuil est d’abord l’illustration du beau, par opposition à l’ordinaire.
L’ordinaire auquel la majorité d’entre nous sommes de plus en plus souvent confrontés, dans l’utilisation que nous faisons des décors, des meubles et des objets du quotidien.
L’ordinaire davantage que le beau caractérise notre environnement immédiat. Mais ce sont avec les mots du beau que l’on habille l’ordinaire. Ainsi en va-t-il de l’utilisation du mot « armoire » pour désigner les boîtes d’environ 1.50m de hauteur et davantage en largeur installées sur les trottoirs des villes pour abriter les connexions des câbles de fibre optique.
Quant au mot « fauteuil », galvaudé depuis si longtemps que l’on y prête plus attenton, il désigne aussi bien le siège couchette sur lequel nous nous étendons pour nous faire soigner les dents, que celui sur lequel nous posons nos fesses pour écouter une pièce de théâtre ou lécher une glace ou mâcher des pop-corns dans une salle de cinéma.

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