Le roi des ciels

« Vous êtes le roi des ciels »,

déclare un jour Corot à Eugène Boudin dans la ferme Saint-Siméon où se retrouve les peintres et les poètes, près de Honfleur, où ils discutent du temps qu’il va faire et de la manière de le traduire sur la toile.
Source : article de Jean-Pierre Quélin, publié en avril 1992 dans LE MONDE.

L’estuaire de la Seine

 

Eugène Boudin « Ciel, nuages blancs sur l’estuaire », pastel (vers 1854-1860). Sourcing image : article de J.P. Quélin, « Le Monde » (avril 1992). Archives The Plumebook Café

Eugène Boudin « Ciel, nuages blancs sur l’estuaire », pastel (vers 1854-1860). Sourcing image : article de J.P. Quélin, « Le Monde » (avril 1992). Archives The Plumebook Café

« La mer est remplie d’eau, c’est à n’y rien comprendre »
Érik Satie, musicien et champion du non-sens, lui aussi originaire de Honfleur.

 

 


Le temps d’Eugène Boudin (1824-1898) est celui où la peinture fuit l’atelier et s’en va à la conquête de couleurs et de désordres du paysage qui n’ont jusqu’alors pas été explorés par les artistes. On plante son chevalet sur le bord d’une rivière ou dans un champ de tulipes.
Eugène Boudin, qui est originaire de Honfleur, choisit d’observer la Seine, non seulement ses eaux mais aussi et surtout les ciels et les nuages aux différentes heures du jour, par tous les temps. Comme le fera après lui Pierre Bonnard, Eugène Boudin note sur ses carnets chacune de ses études, la date du jour et le temps qu’il fait, se réservant la possibilité de revenir pour observer les changements : « 9 mai. Fin d’après-midi, ondée, fort vent d’ouest – 10 septembre. 14 heures, vent de nord-est. »
« Phare et vigie du fleuve [la Seine], Honfleur est à la fois le terminus du voyage et l’escale de départ pur de nouvelles vadrouilles », écrit Jean-Pierre Quélin dans son article.
Classé pré-impressionniste, Boudin est un autodidacte, ancien mousse, ancien papetier, toujours à la recherche de cette fuyante et mystérieuse lumière qui transfigure le paysage, son « rayonnement », sa « chaleur ». Il imprime sur sa toile l’image du spectacle qui s’offre à lui.
Le peintre, qui est un timide, a conscience qu’il n’est pas le plus grand, compte parmi ses amis Gustave Courbet, Daubigny, Baudelaire, Corot.
Le musée de Honfleur porte son nom.

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