Le regard des autres

On va pas se laisser faire !

Jean-Xavier Renaud « Sans titre », vers 2009. Aquarelle. Sourcing image : exposition DYNASTY, MAM (Paris, juin 2010). Photo Vert et Plume

La violence est une régression dont la société s’accommode comme du bruit et de la pollution.

1.  VIOLENCE.- Sous couvert de revendication sociale, la violence des gestes et la grossièreté des propos explosent au point qu’on comprend brutalement avec quelle facilité un parti populiste (on disait autrefois fasciste) saurait recruter des partisans pour propager ses idées au sein d’une population qui se laisse aller au ressentiment et à la colère.

2. .La xénophobie et le racisme, enfouis mais jamais morts. Resurgissent à la première occasion : « Sale nègre, sale singe ! », insultes si souvent proférées sur les stades à l’encontre des footballeurs africains. « Les travailleurs étrangers dehors ! Laissez l’Angleterre aux Anglais ! »

L’esprit de tolérance était le message essentiel des humanistes.

Pablo Picasso « Portrait d’Aimé Césaire ». Couverture de l’éditions anglaise des poèmes parus sous le titre « Corps perdu » aux éditions Fragrance (1949). Sourcing image : « Nka, journal of contemporary African Art » n°24 (bibliothèque Vert et Plume)

« Ma négritude n’est pas une tour ni une cathédrale / elle plonge dans la chair rouge du sol / elle plonge dans la chair ardente du ciel / elle troue l’accablement opaque de sa droite patience. »
Aimé Césaire extraits de « Cahier d’un retour au pays natal » (poème, 1939, 1947, 1956). Editions Présence africaine, coll. Poésie, 1983 (bibliothèque Vert et Plume)

3. .Les habitants de Lagnieu (département de l’Ain, France, douce France) venus témoigner au procès opposant le joueur insulté Makam Traoré (d’origine malienne) à son agresseur Maxence Cavalcante (d’origine italienne) devant le tribunal de Belley ont fait preuve en 2009 de la même hypocrisie que les Blancs du Mississipi à Summer (Etats-Unis) lors du procès des assassins d’Emmett Till, jeune noir de 14 ans sauvagement lynché en 1955.

A Charlotte qui me dit « Au fond rien n’a changé », je réponds que la notion de progrès me fait désormais sourire. Mieux vaudrait parler de régression. L’un après l’autre les mots sont vidés de leur sens. Ainsi l’idée de progrès serait devenue une manière de travestir la réalité et oublier la violence d’une société qui ne sait pas comment intégrer sa diversité ethnique, culturelle et religieuse.

Le regard des autres

Isaac Julien “The long road to Mazatlán”, image de l’installation video (1999). Vidéo réalisée au Texas, dans la region de San Antonio, avec la collaboration du chorégraphe Javier de Frutos. Sourcing image : « The film art of Isaac Julien », Center for Curatorial Studies Museum (2000). Bibliothèque Vert et Plume, 2008

Quand elle ne s’inspire pas des images hiératiques du cinémascope western, la vidéo d’Isaac Julien reproduit la théâtralité de certains tableaux célèbres, comme ici la fameuse piscine de David Hockney.

4. La violence s’exerce aussi à l’encontre de celles et de ceux qui se font encore insulter et frapper à cause de leur attirance pour des personnes du même sexe : « Casse-toi, on aime pas la couleur de ton t-shirt, on va te tuer ! »

Là-dessus, les Noirs sont encore plus machos et redoutables que les Blancs. 39 pays africains criminalisent l’homosexualité. Les Sénégalais répugnent à ce qu’un homosexuel  mort soit enterré dans un cimetière et si la famille a réussi à le faire en catimini ils viennent pour le déterrer et le jeter ailleurs.

Dimitri Planchon « Jésus et les copains », 2005. Sourcing image : roman-photos en couleurs paru dans « Fluide Glacial » (bibliothèque Vert et Plume, 2010)

« Dites-moi tout, docteur Gabriel ! Je veux savoir ! »,
demande Marie au début de l’album. Elle est enceinte.

5.  L’homme, dans sa voiture, réagit aux nouvelles diffusées par la radio : « Comment a-t-il pu nous arriver quelque chose ? C’est inacceptable ! ». L’homme encore, à l’adresse des responsables politiques : « C’était à vous de prévoir, vous deviez veiller sur nous. Pourquoi pensez-vous que nous vous avons élus ? »

0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*
*