Le lieu de sa naissance

Mise à jour : 21 01 2013

Le cercle de famille

S’il avait pu choisir le moment et le lieu de sa naissance, il serait venu au monde par une belle journée d’été dans un mas du pays d’Alphonse Daudet. Les portes-fenêtres de la chambre de sa mère auraient été ouvertes, un souffle d’air tiède aurait fait gonfler comme des voiles les longs rideaux blancs qui empêchaient les insectes de rentrer. Après les premières contractions, sa mère aurait entendu des cigales qui frottaient leurs ailes à l’ombre des cyprès. Elle aurait souri. Et l’amie qui était ce jour-là à ses côtés aurait cru que ce sourire s’adressait à l’enfant dont le crâne venait d’apparaître sous la douceur de la lumière.

Bernard Faucon « Histoire de neige », 1976. Sourcing image : « Bernard Faucon », éditions Actes Sud, 2005 (bibliothèque Vert et Plume)

Un pays de sable et de soleil d’où l’on aurait aperçu les sommets des Alpes enneigés.


Les choses ne s’étaient pas passées ainsi. Il était né en Savoie à quelques pas du cerisier de Jean-Jacques. Ainsi appelait-on dans le village de T. l’endroit où Jean-Jacques Rousseau, qui n’avait que 18 ans et séjournait à Anhecy dans la maison de Mme de Warens,  s’était rendu à pied puis à cheval, un jour de juillet 1730, en compagnie de deux jeunes filles rencontrées en chemin. L’une d’entre elles était Mlle Galley qu’il connaissait déjà.

Ils avaient déjeuné tous les trois dans la cuisine du Château de la Tour sur le chemin de Glapigny. Puis étaient allés dans le verger pour boire leur café avec un gâteau que Mlle Galley avait apporté. Ils voulaient cueillir des cerises avant que les oiseaux ne les aient mangées. Les deux jeunes filles riaient. Jean-Jacques était tout à la fois excité et intimidé. Il avait grimpé sur l’arbre et crié à son amie de tendre son tablier pour qu’il puisse jeter les cerises à l’intérieur. Jean-Jacques était adroit et le tablier se remplissait rapidement. De la branche où il était perché son regard plongeait dans le décolleté de Mlle Galley qui avait de beaux seins. Une idée avait traversé l’esprit de Jean-Jacques. Détachant un nouveau bouquet de cerises il l’avait lancé avec adresse entre les deux seins où il s’était niché. La surprise passsée, les trois jeunes gens avaient été pris d’un fou rire.

« Quel dommage, avait regretté Jean-Jacques, que mes lèvres n’aient pas été des cerises, je les aurais posées là pour ne plus les retirer ».  Mais au lieu d’avouer son désir il l’avait refoulé. S’inclinant vers Mlle Galley qui baissait les yeux il avait pris sa main et y avait déposé un baiser. Elle lui avait souri pour l’encourager. Jean-Jacques avait continué de la regarder en se taisant. Il était encore puceau, ne connaissait que les plaisirs solitaires. Il avait senti la chaleur qui envahissait son corps, ses joues s’étaient  empourprées, son sexe raidi avait dessine une bosse sous sa culotte claire. Il s’était senti horriblement gêné, ne sachant plus que faire de son corps.

Bernard Faucon « Jeux de neige », 1977. Sourcing image : « Bernard Faucon », éditions Actes Sud, 2005 (bibliothèque Vert et Plume)

Il était né sous des auspices contradictoires, dans le bonheur de la paix retrouvée et le regret teinté de frustration qui accompagnait les amours adolescentes.

Jean-Jacques et Mlle Galley avaient perçu les battements de leurs deux cœurs qui battaient la chamade. Mlle de Graffenried elle-même, qui était demeurée à l’écart, avait ressenti le trouble des deux amis. Elle s’était consolé en songeant à l’étreinte du matin lorsque Jean-Jacques, monté sur la croupe de son cheval, avait enserré sa taille pour ne pas tomber. Elle avait senti l’émoi du garçon quand elle lui avait par maladresse donné un coup de cravache sur la cuisse.

Le soir venu, le soleil se couchant très tard à ce moment de l’année, ils étaient redescendus à Annecy sans que rien d’autre ne se fût passé entre eux sauf ces regards croisés, ces battements de coeur, ces baisers sur la main, ces rires et ces étreintes sur le dos d’un cheval.

Pourtant, l’épisode était devenu célèbre dans le pays (Mlle de Graffenried avait-elle parlé ?), et 35 ans plus tard dans l’Europe entière quand était parue la 1ère partie des « Confessions  » sous le nom d’Idylle des cerises.

Après quoi, plus aucun évènement marquant n’était advenu dans le village de T. jusqu’à l’invasion de la France par les les Allemands et la résistance à l’occupant des maquisards regroupés sur le plateau des Glières.  Le général de Gaulle en personne était venu leur rendre hommage et avait prononcé un discours depuis le perron de la mairie qui faisait face au monument aux morts.

Après quoi quoi, la vie ne fut plus bercée que par les carillons des fêtes religieuses, les trompettes et les tambours des défilés, les avis à la population du garde-champêtre, la sirène des incendies et le rythme des saisons. De sa naissance au mois d’août, il avait gardé la nostalgie de l’été. L’hiver venait toujours trop tôt et s’achevait si tard que le printemps serait passé inaperçu si les hirondelles n’étaient venues chaque année pour marquer son retour.

L’hiver dans les vallées de montagne conjuguait tout à la fois le froid, la neige, la pluie, la glace, le verglas et l’obscurité.

Autrefois l’hiver

La Clusaz, massif des Aravis, années 1950. Sommet de la piste du Crêt du Merle; au fond, cabine de départ du téléski du Crêt du Loup. Sourcing image : archives Vert et Plume

Des skieurs en fuseaux noirs.

Le dimanche son père qui était pharmacien ne travaillait pas, mais s’ils sortaient en famille, il fallait néanmoins être rentrés à 17 heures pour assurer la garde. Ils allaient très souvent skier au-dessus du Grand-Bornand. Son père aimait la station du Chinaillon où les familles se retrouvent plus volontiers qu’à La Clusaz. Il y avait encore des fermes et des paysans qui répandaient du purin dans leurs champs par-dessus la neige, histoire de faire comprendre aux skieurs qu’ils étaient chez eux.

Lui rechignait à s’en aller pour la journée tant il aimait lire. Son père devait le forcer à sortir. Une fois sur les pistes, il était heureux de skier avec ses frères. Il ne voulait plus rentrer. Son père qui l’entendait parler et rire à l’arrière de la voiture lui disait : « Tu vois, pour finir tu es content. Heureusement que je t’ai obligé à nous accompagner. » Sa mère en rajoutait : « Tu serais resté enfermé dans ta chambre alors qu’il a fait si beau dehors. »

La Clusaz, massif des Aravis. La terrasse du chalet-restaurant « Chez Arthur » au Crêt du Merle (années 1950). Sourcing image : archives Vert et Plume

Il cherchait à démêler les skis pour retrouver les siens parmi les dizaines de paires plantées dans la neige à l’heure du déjeuner.

La plupart des gens vivaient dans les vallées à proximité des torrents et des rivières qui avaient fourni autrefois l’énergie motrice indispensable au fonctionnement des ateliers et des premières usines. Ceux qui vivaient au-dessus de 800 à 1000 mètres étaient moins nombreux. Ceux des vallées les regardaient comme des mal dégrossis.
Le samedi matin jour de marché,  les paysans descendaient à T. dans une carriole attelée. Plus tard il y avait eu les Renault  Juva 4. Ils venaient à 6 heures du matin vendre leur production de reblochons aux négociants installés sous les voûtes des arcades où ils suspendaient leurs balances. Les fromages étaient pesés dans leur caisse en bois qu’on ouvrait en faisant coulisser la planche centrale sur le dessus.
Quand il partait à l’école, le marché au reblochon finissait. Les paysans allaient au café boire une « canon », c’était leur expression pour désigner un verre de vin rouge. Il passait à côté d’eux avec son cartable à la main. Il les écoutait parler entre eux avec leur accent savoyard qu’il imitait avec ses copains quand ils voulaient se moquer d’un garçon qui venait le matin à pied depuis un hameau éloigné, en culottes courtes malgré le froid et la neige, les jambes et les joues  rougies par la course, qui n’avait pas de gants non plus et se soufflait sur les doigts en attendant que la cloche sonne le moment de s’engouffrer dans la classe.

En février, on voyait de jeunes citadins profiter de la chaleur du soleil

Pierre Joubert, 1946. Illustration pour « La tache de vin » de Serge Dalens. Editions Alsatia (1958). Bibliothèque Vert et Plume

Ils prenaient plaisir à entendre crisser la neige sous leurs skis.

Il arrivait qu’il ait tellement neigé durant la nuit qu’il fallait le matin en sortant de chez lui se frayer un passage à travers les gros talus formés par le chasse-neige de chaque côté de la route que se partageaient les rares voitures de ce temps, les piétons et les chevaux.
Pas de chaussures imperméables, pas de bottes montantes. S’il ne réussissait pas à sauter par dessus les talus de neige et qu’il devait y enfoncer les pieds, la neige rentrait dans ses chaussures et mouillait ses chaussettes qui étaient en laine. Une fois dans la classe il ne lui restait plus qu’à essayer de les faire sécher. Chez lui il pouvait mettre ses chaussures à sécher à l’intérieur du radiateur de sa chambre dans un compartiment aménagé  avec deux petites portes.
Pendant la guerre les gens avaient appris à se débrouiller seuls pour habiller leurs enfants. Après, ils étaient retournés chez les couturières qui étaient nombreuses à T. comme partout ailleurs. Sa mère prenait ses mesures et faisait tricoter ses pulls et ses gants qui étaient agréables à porter mais pas plus imperméables que ses chaussures.

Ils jouaient avec la neige comme l’été avec le sable

Bernard Faucon « Bataille de boules de neige », 1978. Sourcing image : « Bernard Faucon », éditions Actes Sud, 2005 (bibliothèque Vert et Plume)

L’école était au milieu des champs.

Pendant la récréation, ils imitaient les locomotives à vapeur avec leur haleine que le froid et le rythme saccadé de leur respiration transformaient en petits nuages de fumée.  C’était assez drôle d’être la locomotive avec les copains qui se tenaient agrippés derrière pour faire les wagons. Dans les montées le train patinait et la locomotive devait crachait plus fort.
Les chevaux, eux, avaient les narines qui fumaient. Les paysans jetaient sur leur dos une couverture quand ils s’arrêtaient devant un magasin ou un café.
Les batailles de boules de neige étaient interdites dans la cour de l’école. Il fallait attendre le moment du déjeuner pour se partager en deux camps adverses et se canarder des deux côtés de la route en se penchant sur les talus de neige qui faisaient une réserve de munitions inépuisable. L’objectif était d’envoyer une boule aussi grosse que possible dans le cou de l’adversaire. La neige descendait dans le dos par dessous les vêtements, le long de la colonne vertébrale jusqu’à la ceinture du slip où elle s’arrêtait.
Un autre passe-temps appréciéi était la glissade. Surtout les jours où le chasse-neige venait de passer. Le sol était lisse, gelé en certains endroits. Les garçons couraient sur quelques mètres, stoppaient brutalement leur course et se laissaient aller sur les talons jusqu’à ce que leur élan eût perdu son effet.

Il fallait plier les genoux et pencher le buste vers l’avant

La Clusaz, massif des Aravis. Le Crêt du Merle et la chalet-restaurant « Chez Arthur », années 1950. Sourcing image : archives Vert et Plume

Le comble du chic était de réussir à terminer sa course par un superbe christiania qui soulevait la neige devant les autres skieurs attablés.

Avant de se coucher il remplissait d’eau des bouteilles qu’il refermait avec un bouchon. L’eau se transformait en glace pendant la nuit, faisait sauter le bouchon en se dilatant.
Avec son frère aîné il réussissait de la même façon à transformer la cour arrosée d’eau de la maison en patinoire.
Il fallait se méfier des stalactites de glace qui se formaient au bord des toits et menaçaient de se détacher brutalement en cas de remontée de la température. Il ne s’engouffrait pas sous les arcades sans commencer par lever la tête et choisir un passage qui n’était pas exposé. Parfois un automobiliste imprudent arrêtait sa voiture là où personne justement n’aurait mis la sienne et la retrouvait sérieusement endommagée. Les passants observaient en passant la tête qu’il faisait en constatant les dégâts et racontaient l’histoire en se moquant quand ils étaient chez eux. Les habitants de T. se moquaient des étrangers qui ne connaissaient rien à l’hiver, ne savaient pas conduire sur la neige, n’avaient jamais de chaînes ni de pelle dans le coffre de leur voiture, ne savaient pas faire demi-tour sur une route enneigée en serrant le frein à main.
Le verglas sur la chaussée était le plus dangereux car les voitures n’étaient pas équipées de pneus à clous. La seule solution était de rouler au pas mais si la voiture décrochait il fallait la planter volontairement dans un talus pour éviter une collision.

Le ski ressemblait à une aventure

Pierre Joubert, 1946. Illustration pour « La tache de vin » de Serge Dalens. Editions Alsatia, 1958. Bibliothèque Vert et Plume

Avant de partir, ils étalaient le fart chaud sur la semelle de leurs skis avec un vieux fer à repasser. Ils gardaient toujours du fart dans la poche pour parfaire la glisse.

Quand il n’avait pas de devoirs à faire le soir à la maison ni de leçons à apprendre, il retrouvait son ami Patrice dans le petit appartement où lui et son frère Jean vivaient avec leurs parents.
Son père, Bernard de Colmont et sa femme Geneviève avaient été avant la guerre des jeunes gens téméraires, attirés par les voyages et les exploits sportifs. Ils avaient ainsi été les premiers à descendre en kayak la rivière du Colorado aux Ếtats-Unis, une aventure à laquelle beaucoup n’avaient pas survécu. Et surtout ils en avaient rapporté un film en couleurs qu’ils avaient projeté, ainsi que des photos.

Malheureusement la déclaration de guerre de 1939 les avaient empêchés d’en tirer vraiment profit. Quand il allait avec Patrice dans leur grenier, il feuilletait les magnifiques albums du voyage dont il restait un stock important d’invendus. Des images en noir et blanc sur lesquelles la mère de Patrice avait un sourire rayonnant. Ils avaient le visage noirci par le soleil et lui faisaient penser à des Indiens. Il se promit alors qu’il apprendrait un jour à descendre les rivières (ce qu’il fit beaucoup plus tard avec un canoë), et qu’il se rendrait sur les bords du Colorado (ce qu’il fit beaucoup plus tard encore avec sa femme et ses deux enfants).
L’allure sportive et décontractée des parents de Patrice le séduisait en même temps qu’il était impressionné par eux, tant il les trouvait différents de ses propres parents.
Leur appartement était rempli d’objets qu’ils avaient rapportés de leurs voyages mais le plus attirant de tous était un automate, sans doute déniché chez un brocanteur parisien, qui représentait un magicien. Il tenait son chapeau haut-de-forme posé sur un plateau qui tournait devant lui. Il le soulevait une première fois pour découvrir les dés qui étaient au dessous, les recouvrait, et quand il soulevait de nouveau le chapeau, les dés avaient disparu ! Le manège du prestidigitateur les amusait tellement qu’il fallait l’intervention de la mère de Patrice pour qu’ils passent à autre chose.
Le plus excitant chez son ami était la visite des Mahuzier que les parents de Patrice paraissaient très bien connaître. On eût dit que tous les explorateurs de France étaient amis et lui-même était fier de son ami Patrice qui avait des parents aussi célèbres. Son esprit s’envolait à l’autre bout du monde, par delà les montagnes et les routes enneigées qui le retenaient à T.

Un autre monde restait à découvrir

Les parents de Patrice recevaient les Mahuzier chez eux quand ils étaient de passage à T. pour présenter leur dernier film d’aventures en Afrique. Ils voyageaient en famille, leurs enfants n’allaient pas à l’école, une chose qui le faisait rêver. Ils faisaient leurs devoirs devant une tente plantée dans la brousse. Une image qui allait le poursuivre durant une bonne partie de sa vie.

Pino Pascali « sans titre », goudron et technique mixte sur film et sur papier (années 1965-1968). Sourcing image : catalogue de l’exposition « Africa » à la galerie Durand-Dessert, 2001 (bibliothèque Vert et Plume)

La nuit, le ciel serait envahi par les étoiles dont il pourrait suivre la course.

Il songeait qu’un jour viendrait où comme les Mahuzier il découvrirait le monde. Comme le père de Patrice il marcherait sur les traces des Mayas, comme sa mère, il descendrait les rivières et s’arrêterait dans les villages de pêcheurs pour y passer la nuit.

Il connaîtrait de grands explorateurs et écrirait des articles à propos de ses séjours chez les Indiens d’Amazonie et les Africains du Congo dont il aurait partagé l’existence.

Flash infos xoyageurs & explorateurs

Geneviève de Colmont. Née vers 1922-23. Part le 19 août 1938 avec Bernard de Colmont qu’elle vient d’épouser et Antoine de Seynes pour New-York. Ils louent une voiture pour se rendre dans l’ouest. Le 14 septembre 38, ils mettent leurs kayaks à l’eau à Green River (Wyoming).

Geneviève sera la 1ère femme à effectuer la descente du Colorado. Nos 3 Français feront la preuve que le kayak, alors très populaire en France et presque inconnu aux Ếtats-Unis, était mieux adapté que les grosses barques en bois utilisées par les Américains.

Geneviève de Colmont caméra au poing, Colorado River (automne 1938). Carte du trajet parcouru en kayak et vue du Canyon. Sourcing images : L'ILLUSTRATION n° cité pour la carte, et site mentionné pour l'image du tournage du film

Geneviève de Colmont caméra au poing, Colorado River (automne 1938). Sourcing images : L’ILLUSTRATION n° cité pour la carte, et site mentionné pour l’image du tournage du film

 

Bernard de Colmont. Avait publié en déc.1935 dans L’ILLUSTRATION un article sur son voyage chez les Indiens Lacandon appartenant à la communauté Maya et installés aux confins du Guatemala et du Mexique. Son compagnon de voyage d’alors, Gérard Tucvor, était mort d’une maladie infectieuse, tandis qu’il était rentré en France en s’arrêtant à Washington où il avait pris à plusieurs reprises la parole devant la National Geographic Society.

Kayaks. De fabrication française, en tile caoutchoutée sur une frêle armature en bois. Poids à vide : 25 kg. 100 kg de vivres et de matériel photo et ciné sur chacun des 3 kayaks + le pagayeur. Ils étaient recouverts d’un pontage ajusté autour de la taille de ce dernier.

« Mme de Colmont, la seule femme qui ait conduit un bateau sur le Colorado », commentaire de l’image publiée par le magazine L’ILLUSTRATION dans son n° du 29 avril 1939 (collection Vert et Plume)

« Mme de Colmont, la seule femme qui ait conduit un bateau sur le Colorado », commentaire de l’image publiée par le magazine L’ILLUSTRATION dans son n° du 29 avril 1939 (collection Vert et Plume)

L’exploit. Condamné à réussir leur descente du Colorado ou à périr en raison de la hauteur des falaises qui les enfermaient jusqu’à la sortie. Le trio parcourut 1200 km avant d’être surpris par une terrible vague de froid au milieu du mois de nov.38. Ils avaient pu réparer 2 de leurs embarcations avec du bois de flottage ramassé sur les rives. Ils étaient les premiers à rapporter un film en couleurs de leur aventure, des photos et… une collection d’insectes !

Un film est en préparation pour une sortie en 2013 :  http://www.frenchkayak.com/the-film/ IMPORTANT : passer outre le message NOT FOUND qui apparaît sur le site et cliquer en haut sur OUR STORY pour lancer la vidéo.

Albert Mahuzier.  1907-1980. Aventurier, cinéaste-explorateur, conférencier et écrivain français très connu dans les années 50. Il partageait avec les de Colmont la passion du canoë-kayak et de la vie au grand air.

 

 

Albert Mahuzier « Aventures au soleil », éd. J.Susse (1948). Voyage en France, au Tchad et dans le Hoggar. Sourcing image : isites dédiés sur nternet

Le temps des explorateurs.

1947 : premier grand voyage en Afrique centrale et premier récit d’exploration « Grandes chasses en Afrique Centrale ». En 1952 il emmenait avec lui sa famille, une idée qui emporta aussitôt l’adhésion du public. Rêve d’évasion à la clé. Les Français pouvaient désormais suivre, un peu comme les aventures de Tintin, celles des Mahuzier au Tchad, au Venezuela, en URSS, etc.

Rivière du Colorado. 1600 km avec des centaines de rapides et des canyons dont le plus célèbre « Grand Canyon ». La rivière traverse les Ếtats du Wyoming, de l’Utah, du Colorado et de l’Arizona. Elle charriait quotidiennement un million de tonnes de sable rouge qui ne parvenait pas à se déposer à cause de la vitesse du courant.


2 commentaires

  1. Agathos

    Bonsoir.

    Les dessins de Joubert me semblent se référer à « Les forts et les purs » plutôt qu’à « La tache de vin ».

  2. Plumebook Café

    Merci pour votre intérêt. De fait les images de Pierre Joubert sont répétitives (il reprend fréquemment les mêmes scènes pour illustrer des romans différents qu’il ne lisait pas) au point que l’on se demande parfois dans quel livre on les a vues.
    Sauf une ou deux images sur plus de 2000, celles qui sont publiées sur le blog sont empruntées à notre bibliothèque, de sorte que l’origine indiquée dans la légende est une donnée, non une supputation.
    Ainsi la montée à ski des garçons, le torse nu, est sur la page 41 de « La tache de vin », et celle la chute la tête la première dans la neige sur la page 49 (éditions alsatia, 1958).
    Le roman « Les forts et les purs » met en scène des scouts français et allemands beaucoup plus nombreux. Dans l’édition de 1951 (les caractères sont bouchés et la date difficile à lire), le dessin de la chute à ski page 127 comprend 4 garçons, dont deux qui regardent la scène et deux, les skis entremêlés, qui sont vautrés dans la neige. Le dessin est moins réussi que celui de « La tache de vin ». Un des garçons, qui ne s’est pas encore relevé, a toujours son béret sur la tête comme si rien ne venait de se passer. La seule illustration réussie de ce livre est celle, bien connue, de la couverture.

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