Le costume national

Tous Français

Le 30 mars 1794, il s’en est fallu de peu que mon arrière-arrière-arrière-grand-père maternel ne fût obligé de se marier en habit de Français. Un accoutrement imaginé par David, le grand peintre de cette époque.
Dix-neuf jours plus tôt à Paris, le Comité de salut public avait demandé à David de lui présenter des projets pour améliorer le costume national.
L’artiste réalisa un portrait en pied du « Français révolutionnaire ».

 

Jacques.-Louis David « Projet de costume national », 1794. Sourcing image : la revue italienne ART E DOSSIER « David e l’arte della Rivoluzione Francese », n°37, 1989 (bibliothèque The Plumebook Café)

Jacques.-Louis David « Projet de costume national », 1794. Sourcing image : la revue italienne ART E DOSSIER « David e l’arte della Rivoluzione Francese », n°37, 1989 (bibliothèque The Plumebook Café)

Costume national du Français à la fin du 18e siècle

 

Cet accoutrement illustre à mes yeux l’idée que l’on est Français malgré soi. On n’a rien demandé, on est là, englué dans l’Histoire de France, comme le citoyen de David dans ses drôles de vêtements.
Histoire qu’il convient d’assumer, en dépit des nombreuses pages qui nous soulèvent le cœur.
On ne le fera pas avec le même regard selon que l’on est un Français d’origine européenne, nord-africaine, subsaharienne ou asiatique.

Les cultures d’origine de chacun doivent être connues par tous et mises sur un pied d’égalité pour conjurer le racisme et la xénophobie.

Tous soumis

Le 15 mai 2012, un nouveau Président français prenait ses fonctions dans la capitale..
Au cours d’une cérémonie charmante, entouré des enfants des écoles, l’heureux élu honora la mémoire de Jules Ferry, oubliant le rôle essentiel joué par ce héros de la France républicaine dans la conquête des colonies.
Alors que l’Empire colonial était à son apogée et la France sur le point d’être envahie par les armées hitlériennes (mais elle ne le savait pas encore) la revue « L’illustration » publiait le 11 mai 1940 un numéro consacré à l’Empire dans la guerre, où la figure de Jules Ferry était célébrée avec celles du Lieutenant de vaisseau Francis Garnier, du Général Brière de Lisle, du Général Borgnis-Desbordes, du Général Dodds, de Savorgan de Brazza, du Commandant Lamy, de Gabriel Nanotaux, du Commandant Marchand et du Colonel Mangin qui, devenu général, sera le promoteur inspiré de « l’Armée Noire ».
Parce qu’ils veulent mettre l’Histoire à leur service, les hommes politiques ont une mémoire sélective. Ils ne sont pas à la recherche de la vérité, mais du pouvoir.

 

M. Barbet « Retour à la civilisation après une année de campagne en Mauritanie », 1910. Photographie redessinée par L. Sabattier. Sourcing image : L’ILLUSTRATION numéro daté du samedi 22 janvier 1910 (collection The Plumebook Café)

M. Barbet « Retour à la civilisation après une année de campagne en Mauritanie », 1910. Photographie redessinée par L. Sabattier. Sourcing image : L’ILLUSTRATION numéro daté du samedi 22 janvier 1910 (collection The Plumebook Café)

Costume national du Français à la fin du 19e siècle
« Le colonel Gouraud (sur la droite), arrivant de l’Adrar, est reçu à Podor (sur le fleuve Sénégal au nord du pays) par les autorités et les élégances françaises. »

 

Dans son livre publié en 1976, traduit sept ans plus tard en français sous le titre LA FIN DES TERROIRS, qui analyse la transformation de la France rurale au 19e siècle, l’historien américain Eugen Weber écrivait :
« On pouvait voir l’Hexagone comme un empire colonial qui s’est constitué au cours des siècles : au XIIIe siècle le Languedoc et les régions du centre, au XVe l’Aquitaine et la Provence, au XVIe la Bretagne. Au XVIIe la Navarre, le Béarn, le Pays Basque, le Roussillon et la Cerdagne, une partie de l’Alsace et des Flandres françaises et la Franche-Comté. Au XVIIIe le duché de Lorraine, la Corse, l’État potifical du Comtat-Venaissin. Au XIXe (1860) la Savoie et Nice. »
Et ceci :
« Au 19e siècle en Franche-Comté on se souvenait encore que pendant de nombreuses années les gens se firent enterrer face contre terre en signe de protestation contre l’annexion de la province par la France. »

Une nouvelle Révolution est à l’œuvre

Bettina Rheims « Joannie dans l’un des plus vastes jardins de la concession française de Shangaï vouée à la destruction ». Sourcing image : Bettina Rheims, rétrospective (éditions Schirmer/Mosel,). Bibliothèque The Plumebook Café, 2010

Bettina Rheims « Joannie dans l’un des plus vastes jardins de la concession française de Shangaï vouée à la destruction ». Sourcing image : Bettina Rheims, rétrospective (éditions Schirmer/Mosel,). Bibliothèque The Plumebook Café, 2010

Seconde décennie du 21e siècle : dans l’attente d’un nouveau costume.

 

 

Cent ans plus tard, cette même province entend se rebeller contre une République qui est nue désormais, tant il est vrai que le pouvoir est à prendre

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