Laquelle est la vraie ?

Cindy Sherman, artiste photographe américaine, née en 1962 dans l’État du New-Jersey, sert de modèle à ses photographies qui questionnent son identité, à travers les personnages qu’elle choisit de représenter, et surtout la nôtre : lequel des rôles que nous jouons à l’intérieur d’une même journée reflète réellement celle ou celui que nous sommes ou croyons être ?

Une question d’apparence ordinaire à laquelle quantité d’entre nous n’ont pas trop d’une vie pour trouver une réponse. Sommes-nous par exemple conformes à ce que la publicité dit de nous, ou différents ?

La femme que j’ai connue

Cindy Sherman « Sans titre ». Dye sublimation metal print, 6 exemplaires (158.8 x 116.2 cm). Sourcing image : FIAC 2016, photographie The Plumebook Café ©, Paris 23 oct.2016

Cindy Sherman « Sans titre ». Dye sublimation metal print, 6 exemplaires (158.8 x 116.2 cm). Sourcing image : FIAC 2016, photographie The Plumebook Café ©, Paris 23 oct.2016

« J’ai connu une certaine Benedicta, qui remplissait l’atmosphère d’idéal, et dont les yeux répandaient le désir de la grandeur, de la beauté, de la gloire et de tout ce qui fait croire à l’immortalité.

Mais cette fille miraculeuse était trop belle pour vivre longtemps ; aussi est-elle morte quelques jours après que j’eus fait sa connaissance, et c’est moi-même qui l’ai enterrée, un jour que le printemps agitait son encensoir jusque dans les cimetières.»

 

Charles Baudelaire (1821(1867)
LE SPLEEN DE PARIS « Laquelle est la vraie ? », 1869
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Cette femme-là lui ressemble

Cindy Sherman « Sans titre, 2016. Dye sublimation metal print, 6 exemplaires (128.3 x 116.8 cm). Sourcing image : FIAC 2016, photographie The Plumebook Café ©, Paris 23 oct.2016

Cindy Sherman « Sans titre, 2016. Dye sublimation metal print, 6 exemplaires (128.3 x 116.8 cm). Sourcing image : FIAC 2016, photographie The Plumebook Café ©, Paris 23 oct.2016

SUITE. « (…) comme mes yeux restaient fichés sur le lieu où était enfoui mon trésor, je vis subitement une petite personne qui ressemblait singulièrement à la défunte, et qui, piétinant sur la terre fraîche avec une violence hystérique et bizarre, disait en éclatant de rire : C’est moi la vraie Benedicta ! C’est moi, une femme canaille ! Et pour la punition de ta folie et de ton aveuglement, tu m’aimeras telle que je suis ! »

 

Charles Baudelaire (1821(1867)
LE SPLEEN DE PARIS « Laquelle est la vraie ? », 1869

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