L’amour de la patrie

En Vendée le 8 décembre 1793, le général Desmarres, commandant une division républicaine, relate dans une lettre à la Convention la mort d’un apprenti hussard âgé de 14 ans seulement.
Il se nomme Joseph Bara.
Assailli par des Vendéens qui voulaient s’emparer des chevaux dont il avait la garde, l’adolescent est tué alors qu’il tentait, pense-t-on, de s’y opposer.
Un fait divers dont personne ne se souviendrait si Robespierre n’avait décidé de s’en emparer pour le transformer en un acte héroïque qu’il allait mettre au service de la cause révolutionnaire.
En politique, comme en affaires, la fin justifie les moyens, nous a appris Machiavel en décrivant l’exercice du pouvoir..
Vingt jours après les faits, dans un discours solennel à la Convention, Robespierre promeut Bara au rang de héros national dont « la vertu est de celles que la nation toute entière doit distinguer ». « Qui honore la guerre de la liberté contre la tyrannie ». Bara, dit Robespierre, est mort en criant « Vive la République ! ». Passant sous silence le vol des chevaux, véritable cause de la mort du jeune apprenti hussard, notre tribun national énonce « sa » vérité : les Vendéens, des brigands, voulaient contraindre Bara à crier « Vive le Roi », et comme il refusait ils le tuèrent.

 

Le petit hussard est mort en éphèbe

 

Jacques-Louis David « La mort de Bara », 1794. Huile sur toile, 119 x 156 cm. Sourcing image : grande salle du musée Calvet à Avignon (photo The Plumebook Café, juin 2017)

Jacques-Louis David « La mort de Bara », 1794. Huile sur toile, 119 x 156 cm. Sourcing image : grande salle du musée Calvet à Avignon (photo The Plumebook Café, juin 2017)

Bara, énonce Robespierre, partageait ses soins entre l’amour filial et l’amour de la patrie. »

 

David est entré en septembre 1793 au Comité de la sûreté générale, organe policier de la Terreur, au sein duquel il ne s’occupe que des questions artistiques.
À ce titre, le peintre est chargé d’organiser une fête en l’honneur du héros. Fête à laquelle les députés participeront dans le costume d’apparat également concocté par le peintre.

Lire : http://www.the-plumebook-cafe.com/le-costume-national/

 

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