La vie est un combat

Charles Baudelaire, dans un texte du SPLEEN DE PARIS publié en 1869, se moque de ceux qu’il appelle « les entrepreneurs du bonheur public ».
On dirait aujourd’hui « les experts », universitaires ayant un – et de préférence plusieurs – ouvrages à leur actif, décrivant les chemins du bonheur et comment faire pour l’atteindre.
Recommandations dont les hommes politiques ont pour habitude de s’emparer.
Généralement le secret du succès réside dans la participation active de la personne qui entreprend de suivre les conseils de « l’entrepreneur du bonheur ».
Pour s’’assurer de l’implication des candidats potentiels au bonheur, le poète décide de mettre à l’épreuve le premier qu’il troubera sur son chemin.

Une démonstration qui tourne au pugilat

Marcel Duchamp « Combat de boxe », 1913-1916. Photomontage, 29,4 x 35,2 cm. Sourcing image : FIAC Paris, octobre 2016. Photographie © 2016, The Plumebook Café

Marcel Duchamp « Combat de boxe », 1913-1916. Photomontage, 29,4 x 35,2 cm.
Sourcing image : FIAC Paris, octobre 2016. Photographie © 2016, The Plumebook Café

Combat de boxe
Nombre d’idées de Duchamp datent de la période de 1914-1918, quand des millions d’Européens s’entretuaient.

« Je veux parler des livres où il est traité de l’art de rendre les peuples heureux, sages et riches, en vingt-quatre heures.
J’avais digéré, – avalé, – toutes les élucubrations de tous ces entrepreneurs de bonheur public, – de ceux qui conseillent à tous les pauvres de se faire esclaves, et de ceux qui leur persuadent qu’ils sont tous des rois détrônés. –
On ne trouvera pas surprenant que je fusse alors dans un é état d’esprit avoisinant le vertige ou la stupidité….
« Comme j’allais entrer dans un cabaret, un mendiant me tendit son chapeau…
« J’entendis une voix (celle de mon Démon) qui chuchotais à mon oreille : celui-là seul est l’égal d’un autre, qui le prouve, et celui-là seul est digne de la liberté qui sait la conquérir. »

Le poète donne un violent coup de poing dans l’œil du clochard, saisit un gourdin et le frappe à toute volée, persuadé que sa victime n’aura ni le courage ni la force de réagir. Mais le malheureux se relève avec une agilité surprenante pour son âge. S’empare du gourdin, frappe le poète, lui casse plusieurs dents et le met à terre.

« « … ô puissance du philosophe qui vérifie l’excellence de sa théorie !… Je fis comprendre [à ce mendiant] que je considérais la discussion comme finie…. Je me relevai et lui dis : Monsieur ! Vous êtes mon égal ! Veuillez me faire l’honneur de partager avec moi ma bourse… »

Adaptation du texte de Charles Baudelaire (1821(1867)
LE SPLEEN DE PARIS « Assommons les pauvres ! »

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