La rêveuse nue

C’est Mireille qui pose nue vers la fin des années 60, je crois. Pour le magazine « Lui ». Je découpais bon nombre de mes personnages féminins dans ce journal qui devait paraître une fois par mois. Il y avait aussi pas mal de dessins humoristiques exécutés par des artistes connus. Plus tard, ce journal a disparu.
Il y avait deux sortes de mannequins : les filles spécialisées dans les photographies à caractère sexy, travaillant pour des agences, et d’un autre côté les actrices connues qui acceptaient de poser à certaines conditions. Naturellement elles apparaissaient aussi en première de couverture et faisaient vendre le numéro. 
 
François Buffard « La rêveuse nue », collage (vers 1972). Papier sur carton bristol, photographies de magazines, stylos feutre. Sourcing image : collection The Plumebook Café (Droits de reproductions réservés)
François Buffard « La rêveuse nue », collage (vers 1972). Papier sur carton bristol, photographies de magazines, stylos feutre. Sourcing image : collection The Plumebook Café (Droits de reproductions réservés)
Montrer ses fesses n’engage à rien. Une femme peut les exhiber sur une plage, ainsi que ses seins, dès lors qu’’elle dissimule son sexe. Même chose pour les hommes qui répugnent cependant à le faire par crainte d’être moqués ou de passer pour des personnes gays. 
Le vêtement a trois fonctions essentielles : en premier lieu la pudeur (dissimuler les parties intimes du corps), vient ensuite la protection (contre la chaleur ou le froid, selon la saison), enfin la parure, la fonction la plus importante du vêtement. 
Dans le cas de notre image, la pudeur est sauvegardée, la protection n’est pas nécessaire puisque l’unique transgression de cette prise de vue est précisément de montrer une actrice nue. Enfin la parure : dans ce cas c’est la beauté du corps, une parure naturelle qui n’est pas donnée à toutes les femmes. 
Pour restituer à Mireille son visage, je l’avais découpé sur une autre photo et collé au centre du soleil couchant, de sorte que Mireille paraît contempler son image : «Miroir, miroir, dis-moi que je suis la plus belle ! »
Je m’amusais bien. Mais en définitive la photo de départ n’était pas aussi érotique qu’elle aurait dû l’être dans le genre de magazine où je l’avais découpée. Elle faisait davantage penser à une photographie prise la nuit dans un camp de naturistes. De quoi donner envie au lecteur de rechercher l’adresse pour y passer ses prochaines vacances d’été. Merci Mireille.

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