La loi du plus grand nombre

Bonaparte à l’origine de la conquête de l’Ouest

 2 mars 1803. Au mépris du droit français et des accords internationaux, arguant du principe que la raison du plus fort est toujours la meilleure, principe qui éclaire cet article, Bonaparte cède l’immense territoire attaché à la Louisiane aux Etats-Unis d’Amérique présidé par le visionnaire Thomas Jefferson 1743-1826).

Territoire qui s’étend sans interruption de du sud-ouest de la frontière avec le Canada jusqu’à la Louisiane actuelle en longeant la rive droite du Mississipi. Jusque-là la frontière ouest des Etats-Unis était la rive gauche du Mississipi. Au-delà c’était la France et encore au-delà l’Espagne…
Avec les millions de dollars payés par les Américains, le futur empereur des Français va pouvoir financer ses guerres européennes. 
Et Jefferson convaincre le Congrès d’approuver l’achat de l’équivalent d’une bone douzaine d’États actuels et de financer le lancement d’une mission d’exploration et de cartographie de l’Ouest.
Confiée à un collaborateur du Président le capitaine Clark qui partagera son commandement avec son compagnon d’armes et ami le capitaine Lewis. 
L’objectif est aussi de contrecarrer les visées des Britanniques qui sont déjà installés à Vancouver.
Durée de la mission :1804 à 1806 
Jefferson recommande de maintenir des relations amicales avec les nations  Indiennes mais souligne qu’elles doivent avoir, selon ses mots, « une juste idée de l’importance croissante de notre pays ». À bon entendeur, salut !
La marche vers la nouvelle terre promise [aux élus de Dieu seulement] commence.

La liberté du singulier bafouée

Edward S. Curtis « Figure d’un chef des Indiens Nez-Percé sur son cheval Appaloosa », vers 1910. Sourcing image : « Le livre des symboles, réflexions sur les imlages archétypales », éditions Taschen (2010). Bibliothèque The Plumebook Café

Edward S. Curtis « Figure d’un guerrier de la tribu des Nez-Percé sur son cheval Appaloosa [?] », vers 1910. Sourcing image : « Le livre des symboles, réflexions sur les imlages archétypales », éditions Taschen (2010). Bibliothèque The Plumebook Café

Les Blancs regardent les Indiens de haut parce que leur corps n’est pas prisonnier des vêtements,  qu’ils ont des plumes dans leurs cheveux longs comme ceux des femmes et le nez percé des sauvages, qu’ils montent leurs chevaux à cru, qu’ils n’ont pas de bottes aux pieds mais de simples mocassins, qu’ils ignorent la religion chrétienne et, plus intolérable encore qu’ils prétendent vivre en liberté sur des terres trop vastes pour leur petit nombre. 
 
C’est par l’ancienne piste des Nez-Percés que Lewi et Clark débouchent dans l’Ouest au début du mois de septembre 1805. Les Nez-Percés sont des Indiens accueillants chez qui ils vont fabriquer des canoës pour leur rejoindre l’Oregon.
Ce sont les premiers voyageurs français qui ont donné leur nom à ces Indiens qui avaient pour coutume d’orner leur nez avec un anneau ou des coquillages (ils consommaient davantage de poisson que de viande…).
Les Indiens Nez-Percés comptent plusieurs groupes ou tribus liés par des parentés plus ou moins anciennes. Ils sont établis dans le centre de l’Idaho, le sud-est du Washington et le nord-est de l’Oregon.
Les Nez-Percés de l’Oregon ont trouvé leur paradis dans une vallée de la rivière Grande Ronde qu’ils occupent jusqu’à l’arrivée des Blancs.
1855. Déjà un demi-siècle depuis le passage de l’expédition Lewis et Clark.Le temps des explorateurs.
Voilà maintenant les colons. Ceux-là ne repartiront pas. Il faut leur faire de laace. Partager la terre avec des gens si différents que l’on sait d’avance que les choses n’iront pas.
Bientôt l’ordre est donné aux Indiens de quitter l’Oregon pour s’installer en Idaho.
Les Indiens ignoraient naturellement que leurs terres avaient été cédées par Bonaparte aux Américains blancs qui en avaient officiellement pris possession. Personne n’avait songé à les consulter. Quel titre de propriété auraient-ils pu brandir devant un tribunal…
Le processus de dégradation des relations entre les Indiens et les Blancs est écrit par avance.
Consciemment ou non les Blancs vont faire en sorte que tout se passe comme ils le souhaitent. Avec l’appui de l’armée naturellement. Les choses se passent toujours ainsi au moment de la colonisation d’un territoire. Il ne peut pas en aller autrement.
La poussée des Blancs est t irrésistible tant ils sont nombreux. Il en arrive chaque jour de nouveaux dans leurs chariots bâchés tirés par des bœufs ou des chevaux.
Le pire ce sont les squatteurs qui ne respectent pas les droits des Indiens s’multipliaient sur leurs terres sans autorisation, cherchent la provocation sachant qu’au final ils seront malgré tout défendus par l’armée qui ne viendra pas, sauf rares exceptions, au secours des Indiens.
Après tout les conquérants européens n’utilisent-ils pas les mêmes méthodes…
Une guerre s’installe dont les Nez-Percés sont tenus pour responsables. 

Une image de la terre promise aux Indiens

Keith Meyers / TNYT « Two centuries later / Deux siècles plus tard », années 2000. Sourcing image : The New-York Times, supplément au Monde daté 29-30 juin 2003 (archives The Plumebook Café)

Keith Meyers / TNYT « Two centuries later / Deux siècles plus tard », années 2000. Sourcing image : The New-York Times, supplément au Monde daté 29-30 juin 2003 (archives The Plumebook Café)

Commentaire du New-York Times. :
Nombre de tribus indiennes qui aidèrent l’expédition Lewis & Clark lors de sa traversée de l’Ouest américain furent chassées plus tard de leurs terres. La photo ci-dessus illustre l’incapacité d’une famille indienne à cultiver la terre dans leur réserve du Dakota du Nord.
Un décor on ne peut plus Far-West à nos yeux d’Européens.
 
Les fonctionnaires du gouvernement négligent trop souvent d’enregistrer les réclamations des Indiens. Leur refuse le droit d’envoyer une délégation à Washington.
Les politiques les plus sages sont de la sorte corrompues contre la volonté de ceux qui les ont initiées dans l’esprit de concorde prôné autrefois par Jefferson.
À force de vexatoires et de menaces de sanctions à l’égard des Nez-Percés les jeunes guerriers s’en prennent aux colons. Dix fermiers sont tués. 
Èté 1877. Le chef Joseph refuse la guerre, décide de remonter vers le nord en direction du Canada avec 200 guerriers et six cents femmes et enfants.
Il réussit à tromper les patrouilles de l’armée américaine durant 75 jours, parcourant plusieurs centaines de kilomètres. Les vivres sont achetés en chemin et payés aux fermiers pour éviter tout problème avec eux. Mais les Indiens souffrent cependant de la faim comme de la fatigue et de la maladie qui emporte les plus faibles.
Ils sont finalement repérés et assaillis durant quatre jours. 
Octobre 1877. Joseph et les 50 guerriers qui sont encore à ses côtés se rendent.
« Je suis las de lutter… il fait froid et nous n’avons pas de couvertures. Les petits enfants meurent de froid… À partir de la position actuelle du soleil je ne me battrai plus. »
[extraits du message par lequel il signifia sa reddition]
Cette aventure et la manière dont les Indiens ont été traités choquent l’opinion qui accepte de moins en moins le sort réservé aux µIndiens et admire le courage du chef Joseph.
1885. Ce dernier est autorisé à regagner le pays des forêts et des montagnes. Personne cependant ne peut lui rendre sa terre natale aux rives de la Grande Ronde. Avec ses fils il s’installe à proximité de la frontière canadienne à Colville dans une réserve où il meurt en 1904.
Dans la moitié nord de l’Idaho se trouve aujourd’hui la réserve des Indiens Nez-Percés dont le centre est occupé par la petite ville de Nezperce [distorsion du mot français d’origine]. Elle comptait 466 habitants en 2010.

Flash infos artiste, Indiens & épopée de l’Ouest

« Carte des populations indiennes en Amérique du nord », Le Monde (années 2010). Sourcing image : journal Le Monde / América, archives The Plumebook Café

« Carte des populations indiennes en Amérique du nord », Le Monde (années 2010). Sourcing image : journal Le Monde / América, archives The Plumebook Café

Carte des principales nations indiennes d’Amérique du nord, où l’on retrouve les fameux Iroquois du Canada français et les pueblos dont il subsiste aujourd’hui nombre de sites remarquables à visiter.
 
Edward S. Curtis. 1868-1952. Photographe américain, il consacra une trentaine d’années à photographier les Indiens dont il réalisa 50.000 clichés grâce auxquels on peut découvrir une réalité indienne très éloignée des images du cinéma hollywoodien.
Histoire du Far-West. Livre de Jean-Louis Rieupeyrout, comportant une importante iconographie, publié en 1967 chez Tchou éditeur.

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