La fin de l’Empire

La carte du Monde

« Carte extraite de l’Atlas colonial illustré », magazine « L’Illustration », année 1929. Sourcing image : « L’âge d’or de la France coloniale » par Jacques Marseille, éditions Albin Michel (1986). Bibliothèque The Plumebook Café

« Carte extraite de l’Atlas colonial illustré », magazine « L’Illustration », année 1929. Sourcing image : « L’âge d’or de la France coloniale » par Jacques Marseille, éditions Albin Michel (1986). Bibliothèque The Plumebook Café

Accrochée au tableau de la classe, au moment des leçons de géographie, la carte du monde de son enfance représentait dans une belle couleur rose la France et l’ensemble de ses possessions à travers le monde.

L’Afrique, que les Français partageaient avec les Anglais et les Portugais, en était le plus beau fleuron. On eût dit qu’elle constituait, par-delà la mer Méditerranée, un prolongement naturel du territoire national.

À l’image du Christ s’adressant à ses disciples, la République de Jules Ferry avait confié à ses citoyens une mission civilisatrice dont les apôtres les plus illustres furent Savorgnan de Brazza, Jean-Baptiste Marchand et Lyautey.

Les enfants de la République

« Le missionnaire », années 1950. Sourcing image : « Il y avait autrefois – Histoire de France, cours élémentaire (Éditions de l’École, vers 1956). Bibliothèque The Plumebook Café

« Le missionnaire », années 1950. Sourcing image : « Il y avait autrefois – Histoire de France, cours élémentaire (Éditions de l’École, vers 1956). Bibliothèque The Plumebook Café

En classe de Première, qui s’appelait encore classe de Rétho[-rique], le nouveau manuel de géographie coloriait en jaune ce qu’il appelait désormais les Etats d’outre-mer, prévenant les élèves que la planisphère qui s’étalait sous leurs yeux n’était pas une carte politique.

Depuis plusieurs années, l’Indochine était sortie de l’Empire. [LIRE : Une beauté fragile en utilisant la fenêtre RECHERCHE]

Dans sa chambre d’étudiant, il avait une grande carte du monde. Avec son frère aîné, ils s’amusaient à piquer des petits drapeaux tricolores, fabriqués avec du papier colorié et des aiguilles, sur tous les territoires qui continuaient d’appartenir à la France. Ils étaient fiers à l’idée de pouvoir faire le tour du monde sans mettre les pieds dans un pays étranger.Sans doute la République a-t-elle failli à sa mission civilisatrice en tirant profit de ses colonies sans trop se soucier d’y faire régner les idéaux qu’elle essayait de défendre sur son propre territoire.

Finissons-en avec les discours !

Philippe Ramette « Espace meeting », 2007. Mini-salle de conférence pour les enfants que l’artiste projette dans le monde des adultes. Sourcing image : magazine Beaux-Arts, exposition au château de Chamarande, 2007 (archives The Plumebook Café)

Philippe Ramette « Espace meeting », 2007. Mini-salle de conférence pour les enfants que l’artiste projette dans le monde des adultes. Sourcing image : magazine Beaux-Arts, exposition au château de Chamarande, 2007 (archives The Plumebook Café)

[On dit de cet artiste qu’il brouille les cartes avec ses installations pour inciter, les spectateurs que nous sommes devenus, à la réflexion]

 

Désormais, une page de l’histoire est tournée. Les Africains, nous les avons oubliés. Ils vivent de leur côté. On a de temps à autre de leurs nouvelles par la télé, on lit des trucs incroyables dans les journaux, du genre : « Des soldats congolais tirent sur les enfants d’un village comme sur des lapins », « Viols de femmes sous les yeux de leurs enfants dans l’est du Congo ».
On croyait, après la chute du nazisme, que ces atrocités ne se reproduiraient plus. Les Africains ont fait la preuve du contraire. Ceux qui croyaient que c’était une histoire de peau se sont trompés. Les Noirs, comme les Blancs, sont capables de barbarie. C’est peut-être ça la fin de l’Empire colonial.
La prise de conscience d’une seule et même humanité.

 

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