Là-bas, le ciel était bleu

Faites vos jeux… Rien ne va plus !

Juin 2012.  Dès les premiers jours de notre visite en Grèce, Le Monde titre en 1ère page : LA GRECE ENTRE RÉVOLTE ET DÉPRESSION.

Anonyme "Athènes Graffiti", juin 2012. Sourcing image : quartier compris entre le musée archéologique et le haut de la rue Benaki (photo Vert et Plume 06/12)

« Pouvez-vous imaginer de nous laisser libres »


Durant tout le temps de notre séjour, les titres de la presse française vont retenir notre attention. Le Monde n’est pas seul dans les kiosques, on trouve aussi Libération et Le Figaro. Chaque jour nous achetons les deux premiers. Le ton est très différent mais ils s’accordent sur un point : rien ne va plus en Grèce. Notre curiosité va s’en trouver renforcée.

Volons pour le moment au-dessus de l’Italie.
Certains rejoignent Athènes en voiture. J’ai aussi aimé cette façon de voyager. Je ne faisais qu’effleurer la Grèce à la hauteur de Thessalonique et poursuivais ma route vers la Turquie, la Syrie et le Liban.

Le voyage en voiture est plus pittoresque, les rencontres toujours fortuites et l’on se souvient des pays traversés.

L’avion crée un raccourci dangereux entre le pays de départ et celui d’arrivée. Quand on sort de l’aéroport, on a l’étrange impression d’être toujours chez soi alors que Paris et Athènes sont éloignées de 3058 km !

La Grèce a longtemps appartenu à l’empire Ottoman

Jacques Loic, dessin, (AFP/Image Forum, juin 2012). Sourcing image : journal Libération - 15/06/12 (archives Vert et Plume)

Les Turcs brûlaient les marbres du Parthénon, dont les figures étaient jugées offensantes, pour produire de la chaux.

Lire : De beaux restes

Certains voyageurs, qui n’ont que Paris en tête, sont déçus en découvrant Athènes qui ne ressemblerait pas, disent-ils, à une capitale.

Athènes est la ville où l’Europe est née, cela ne suffit-il pas ? Elle est LA capitale historique du continent dans le sens où l’essentiel des idées qui nous gouvernent sont nées ici.

Athènes a une histoire qu’il faut connaître. C’est aussi celle de la Grèce, avec beaucoup plus de bas que de hauts. La guerre d’indépendance du pays date d’il n’y a pas encore deux siècles (1820-1830). Son porte-parole le plus célèbre en Europe n’était autre que Byron, le poète anglais (1788-1824).

Le bonheur est une quête, toujours ailleurs

Anonyme "Athènes Graffiti", juin 2012. Sourcing image : quartier compris entre le musée archéologique et le haut de la rue Benaki (photo Vert et Plume 06/12)

Athènes Graffiti.

On peut aimer Athènes pour des motifs ordinaires. Ses rues bordées d’arbres qui abritent les passants de la chaleur. Ses terrasses à tous les étages construites sans permis d’aucune sorte, simplement parce que les habitants du lieu avaient envie de s’y asseoir pour discuter tranquillement après le coucher du soleil. Ses façades recouvertes de tags et de dessins. Ses escaliers comme des échelles. Ses jardins nichés. Ses cafés. Sa musique, ses chants surtout (Tiens ! comme en Corse…) Son atmosphère de village…

Anonyme "Athènes Graffiti", juin 2012. Sourcing image : quartier compris entre le Musée archéologique et le haut de la rue Benaki (photo Vert et Plume, 06/12)

Ici, le ciel est bleu au lieu de gris.


Les raisons qui nous ont amenés ici sont multiples. Pas grand-chose à voir avec les récits lénifiants qu’en font les milliers de lycéens français qui découvrent la Grèce avec leurs professeurs et font part de leurs impressions sur leur blog comme s’ils rédigeaient un devoir ou adressaient une carte postale à leur maman.

D’abord changer d’air. Ici le ciel est bleu au lieu de gris. Manger ne coûte pas cher. Prendre le bateau non plus. Louer un studio est abordable. Envie de dire : Heureux Grecs ! Mais ausssi Grecs égoïstes et mal élevés. Grecs charmants, machos , conservateurs, rétrogrades, profiteurs. Grecs coincés, orientaux, gras, gros, la clope au bec des femmes, les hommes avec leurs marmots habillés en petits hommes, les femmes aux cheveux teintés blond, hanches larges, poitrine outrancières, ventre gonflé, à la pêche aux oursins, au poulpe. Bavardes.
Autant d’impressions contradictoires.

La langue n’est pas celle de Platon

Athènes Graffiti, juin 2012. Sourcing image : quartier entre le Musée archéologique et le haut de la rue Benaki (photo Vert et Plume, 06/12=

Une citation de Léonard de Vinci sur cette enseigne : « La où la main et l’esprit ne sont pas associés il n’y a pas d’art ».


La langue n’est pas celle de Platon encore moins celle d’Eschyle

Pourtant ce sont bien les mêmes Grecs vivant sur le même territoire national, expulsés comme nous de leurs colonies. Italie, Turquie, Macédoine… Ou si bien intégrés qu’ils y sont comme chez eux. Afrique du sud, Cameroun…

Nous ressemblons beaucoup aux Grecs.

Malheureusement, je ne comprend pas le grec. J’écoute les gens parler. Vite. L’impression qu’ils empilent les syllabes comme les cubes d’un jeu de construction, quand la pile est prête à s effondrer, c’est la fin de la phrase. Une autre pile monte déjà à côté. 3 ou 4 piles forment un paragraphe. C’est à l’autre de parler.

Flash infos artistes et pays

Grèce. sur une superficie de 131.990 km²  vivent environ 12 millions de Grecs, auxquels on peut additionner près de 6 millions établis à l’étranger, qui reviennent souvent passer une partie de leurs vieux jours sur la terre de leurs ancêtres. 35% des Grecs vivent à Athènes et ses environs. La part de la population totale vivant sur les îles versus le continent n’apparaît nulle part. Il faut dire qu’elle varie selon la saison et le volume de l’activité touristique.

Histoire de la Grèce : lire Le touriste et le journaliste

Yorgos Karahal "Militants socialistes dans la banlieue d'Athènes", juin 2012. Sourcing image : Agence Reuters - Le Monde début juin 2012 (archives Vert et Plume)

Yorgos Karahal. Photographe grec de l’agence Reuters. Pas d’information  disponible.

Jacques Loic. Photographe français. Fournisseur d’images. Pas d’autre information.

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