L’hiver d’un poète

Je suis un nuage

« Parler de soi. .. Un nuage pourrait-il le faire ? Commencer par un « je suis » à l’instant même où, penché sur le brasier du soleil moribond, de mouvante vapeur il se mue en flammes, puis flotte en nappe de cendre sur la terre endormie ? »
Gustave Roud
, premières lignes de « Un essai pour le paradis », dédié à Olivier Cherpillod de Sarandin (Écrits de Gustave Roud – tome I – Bibliothèque des Arts 1978 – édition originale 1932). Bibliothèque Vert et Plume, nov.1990.

Gustave Roud, table de travail (date n.c.). Sourcing image : Cahiers Gustave Roud, 1986 (Bibliothèque Vert et Plume, nov.1990)

Gustave Roud, table de travail (date n.c.). Sourcing image : Cahiers Gustave Roud, 1986 (Bibliothèque Vert et Plume, nov.1990)

« Un homme a fait éclore en moi ce paradis humain qui gît épars dans notre corps, dans notre cœur – par sa seule présence. »
(G. Roud, ouvrage cité)


« … comment parler des autres ? Là serait l’orgueil, et le pire, – tandis que les paroles sur soi-même à voix basse de l’homme oublié, tout de suite reprises par le silence, forment peut-être un acte de véritable humilité. »
G. Roud, ouvrage cité.

Le miroir profond de la mémoire

Gustave Roud, l’ombre du photographe (ou) autoportrait (vers 1940). Sourcing image : « Terre d’ombres – Gustave Roud / 1915 – 1965 », éditions Slatkine, 2002 (Bibliothèque Vert et Plume, juill.2003)

Gustave Roud, l’ombre du photographe (ou) autoportrait (vers 1940). Sourcing image : « Terre d’ombres – Gustave Roud / 1915 – 1965 », éditions

«Soif de ce regard innocent; bonheur de savoir qu’un autre est ce que vous ne pouvez être. »
G. Roud (Essai pour un paradis – Année)

« Où es-tu ?
Que de fois crié, cet appel vers un être, du fond de l’abîme intemporel où ma maison a glissé doucement comme un navire perdu ! L’absolu triomphe dans cette chambre, fomenté par le feu blanc des neiges. Les portraits parlent, les poèmes chantent. Toute une vie immobile s’illumine au miroir profond de la mémoire. Tout éclate et se fige en un inexorable présent. »
G. Roud, « Pour un moissonneur – Appel d’hiver », dédié à Fernand Cherpillod (Écrits de Gustave Roud – tome II – Bibliothèque des Arts 1978 – édition originale 1941). Bibliothèque Vert et Plume, nov.1990.

Note biographique et critique

Gustave Roud, chasse-neige attelé (daye non connue). Sourcing image : « Les fleurs et les saisons », éditions de La Dogana (Genève, 4991). Bibliothèque Vert et Plume, 2000

Gustave Roud, chasse-neige attelé (date non connue). Sourcing image : « Les fleurs et les saisons », éditions de La Dogana (Genève, 4991). Bibliothèque Vert et Plume, 2000

Gustave Roud (1897-1976). Poète et photographe de la campagne perdue. Installé dans le Haut-Jorat, au-dessus de Vevey, lac Léman (Suisse romande), il n’a eu de cesse de célébrer ses paysages et ses habitants. Il les a utilisés comme le miroir à multiples facettes de lui-même, n’hésitant pas à mettre ainsi son âme à nu. Sur une musique à la fois bucolique et sensuelle. Pudeur et retenue n’empêchent pas la sensualité exacerbée du poète de triompher dans ses photos et de transparaître dans ses textes. C’est elle qui a préservé son œuvre de la mièvrerie et donc de l’oubli.
Le style ni moderne, ni vieillot convient à la description d’un monde rural qui a totalement disparu et pourrait passer aujourd’hui pour une protestation écologique.

Gustave Roud "Paysage sous la neige" (date non connue). Sourcing image : "Cahiers Gustave Roud - L'imagier", association des amis de G.Roud - Lausanne et Carrouge (1986). Bibliothèque Vert et Plume, nov.1990 (exposition Roud au musée de l'Elysée)

Gustave Roud "Paysage sous la neige" (date non connue). Sourcing image : "Cahiers Gustave Roud - L'imagier", association des amis de G.Roud - Lausanne et Carrouge (1986). Bibliothèque Vert et Plume, nov.1990 (exposition Roud au musée de l'Elysée)

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