Ce péché de l’aube

« I live on intuition, and taking pictures is intuitive / Je vis par intuition, et faire des photos est une chose intuitive. »
Lou Reed (cité dans le Hors-série n°2 de L’Officiel Hommes / Hiver 2005-2005, en exergue des photographies qui suivent)

Couchers de soleil, levers de lune

« Apprends aux enfants surdoués, apprends leur la pitié  /  Les couchers de soleil, les levers de lune  /  Explique leur la colère, ce péché de l’aube  /  Apprends leur les fleurs, la beauté d’oublier  /  Puis emmène-moi jusqu’au fleuve et plonge-moi dans l’eau… »

Lou Reed « Apprends aux enfants surdoués », chanson (1965-1990). Source citée au-dessous.

N.D.L.A. « J’ai commencé ma scolarité dans les écoles publiques de Brooklyn et de Long Island. J’en ai conçu une haine définitive pour toute forme d’école et d’autorité. »

Lou Reed, photographie (vers 2005) – sans titre. Droits de reproduction réservés. Sourcing image : magazine « L’Officiel Hommes » Hors-série n°2, hiver 2005-2006 (collection Vert et Plume).

« Quand j’étais petit, à Brooklyn, que j’allais à l’école publique  /  Ils nous faisaient mettre en rang par deux sur le terrain de jeu  /  Par ordre alphabétique, Reagan, Reed, Russo  /  Je me souviens encore des noms  /  Et le base-ball, le basket-ball  /  Etaient les seuls jeux auxquels on jouait  /  Et je voulais être comme mon père  /  je voulais être adulte pour devenir comme mon père  /  Je voulais ressembler à mon père, m’habiller  /  Et faire comme mon père

Et puis comme tout le monde j’ai grandi  /  Et je ne voulais plus ressembler à mon père  /  J’en avais marre des coups  /  De devoir me cacher sous le bureau  /  Quand il battait ma mère, j’en tremblais, ça me rendait fou,  /  Et je me voulais plus être comme mon père  /  Ressembler à mon père  /  Avoir l’air comme mon père

Un fils regarde son père cogner sa mère  /  Et fait le vœu de ne pas revenir  /  Avant d’être riche, et tellement fort  /  Que le vieux n’osera plus cogner personne.

Vous savez ce qu’il m’a dit  /  Il m’a dit : Lou,conduis-toi en homme »

Lou Reed « Mon père », chanson (1965-1990). Extraite de « Parole de la nuit sauvage », 1991. Collection 10-18 pour la traduction française,1996 (bibliothèque Vert et Plume, 2008).

« Je suis né aux États-Unis  /  On m’a élevé durement mais bien  /  j’ai vu un manque de morale, de passion  /  l’impression qu’il n’y avait rien vers quoi se tourner… »

Lou Reed « L’emballage d’origine », chanson (1965-1990). Source citée au-dessus.

Lou Reed, photographie (vers 2005) – sans titre. Droits de reproduction réservés. Sourcing image : magazine « L’Officiel Hommes » Hors-série n°2, hiver 2005-2006 (collection Vert et Plume).

« Lady Godiva, vêtue sobrement  /  Caresse la tête d’un garçon boucl é, encore un  /  Elle pleure de tout son cœur, malade de silence  /  Dit des mots qu’elle a déjà dits  /  Il y a très longtemps (…)  /  Le docteur arrive pense l’infirmière avec DOUCEUR :  En branchant les machines qui pompent l’air COMME UN CŒUR

Le corps gît nu  /  Chauve et rasé ce qui a tant CRIÊ  /  Gît en silence presque ENDORMI  /  Le cerveau a dû déclarer forfait

Bien attaché à la table immaculée  /  l’éther a fait dépérir et frémir le corps  /  sous la lumière blanche… »

Lou Reed « L’opération de Lady Godiva », chanson – extraits (1965-1990). Source citée au-dessus.

N.D.L.A. « A 17 ans, on m’a fait 24 séances d’électrochocs. Je suppose que ça m’a amené à écrire des choses comme ça.  [Lou Reed a subi, avec l’accord de ses parents, un traitement électrique censé le guérir de son homosexualité (une pratique courante aux Etats-Unis à la fin des années 50, et même en France comme ce fut le cas pour le jeune Tony Duvert après son exclusion du collège).

« (…) Affriolant génial, quel beau mec tout en muscles  / appelez la garde nationale  /  Elle mouille dans son jean quand il la soulève  /  l’emmène loin du bar  /  en ondulant doucement il l’envoie en l’air  /  hors de ce monde  /  Ils peuvent se moquer …

Lou Reed « Histoires de bars / En valsant Mathilda », chanson – extraits (1965-1990). Source citée au-dessus.

Lumières de la ville

Lou Reed, photographie (vers 2005) – sans titre. Droits de reproduction réservés. Sourcing image : magazine « L’Officiel Hommes » Hors-série n°2, hiver 2005-2006 (collection Vert et Plume).

« Les lumières de la ville font jaillir la vie dans les rues  /  Les nuits folles nous jettent dans les bras l’un de l’autre  /  S’il pleut, tu peux tuer ton blues en dansant  /  Les lumières de la ville nous jettent dans les bras l’un de l’autre  /

(…) Nous sommes censés être  /  une terre de liberté  /  et les lumières de la ville briller éternellement… »

Lou Reed « Les lumières de la ville », chanson – extraits (1965-1990). Source citée au-dessus.

« Maman a un amant  /  Un peintre m’a-t-on dit  /  Elle abandonne l’immobilier  /  Pour les milieux de l’art de Soho

Maman a un amant  /  Il possède une galerie  /  Il aime les collages, dit-elle, mais  /  C’est les GRA-FI-TTI qui rapportent  /

Maman a un amant  /  Je l’ai rencontré hier  /  J’espère qu’il te plaît, dit-elle  /  Je lui enverrai peut-être une carte pour la Fête des Pères … »

Lou Reed « Maman a un amant », chanson – extraits (1965-1990). Source citée au-dessus.

« Je vois dans un télescope la nuit  /  une grande lumière dans le ciel  /  Ses éclats tournoyants me font penser à toi  /  Étoile en orbite qui éclaire le ciel  /  Et si ce n’était pas une étoile  /

Au bord de l’Hudson la nuit  /  je vois Jersey sur l’autre rive  /  un néon égrène le nom d’une boisson au Coca  /  Et je pense  /  Ton devrait danser, diffusé par satellites  /  Plus grand que les publicités dans Time Square  /

Dis-le à ton cœur  /  N’aie pas peur  /  Je suis le seul qui t’aime vraiment …

Lou Reed « Dis-le à ton cœur », chanson – extraits (1965-1990). Source citée au-dessus.

Flash info artiste

Lou Reed, photographie (vers 2005) – sans titre. Droits de reproduction réservés. Sourcing image : magazine « L’Officiel Hommes » Hors-série n°2, hiver 2005-2006 (collection Vert et Plume).

Lou Reed. 1942-2013. Chanteur américain, blanc, poète, photographe et homosexuel.

Lire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lou_Reed

Écouter : http://www.youtube.com/watch?v=ffr0opfm6I4

LOU REED.  « Vous savez, je suis quelqu’un d’assez sauvage. Je ne voulais pas de photographie à l’’aéroport à mon arrivée, parce que je n’aime pas qu’on me photographie. Je n’aime pas être interviewé – et j’aime les situations maîtrisées – contrairement à beaucoup de gens. Je ne recherche pas ça. (extrait d’une interview avec Vaclav Havel (source : idem au-dessus)

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