J’ai croisé un marcheur

Alberto Giacometti (1901-1966) « L’homme qui marche », 1960. Bronze, 180.5 x 23.9 x 97 cm. Sourcing image : carte éditée par le Centre Pompidou, 2007 (collection The Plumebook Café)

Alberto Giacometti (1901-1966) « L’homme qui marche », 1960. Bronze, 180.5 x 23.9 x 97 cm. Sourcing image : carte éditée par le Centre Pompidou, 2007 (collection The Plumebook Café)

 

 

Dans le parc à côté de la maison, j’ai croisé un marcheur. Il avait le buste courbé en avant, non qu’il voulait fendre la bise qui soufflait à ce moment-là, je dirais plutôt qu’il était absorbé.
Comme je suis vieux, que j’ai en tête mille souvenirs du passé, il m’a rappelé les prêtres que l’on voyait déambuler dans les allées de ce même parc, l’esprit occupé par la lecture de leur bréviaire. Parlaient-ils à Dieu, je n’en sais rien.
Les prêtres ont disparu. Si par hasard je croise un jeune homme en soutane, cela m’arrive très rarement, j’attends qu’il soit passé pour me retourner et regarder sa silhouette avec incrédulité.
Le jeune homme que j’ai croisé il y a un instant ne portait( pas de soutane. Il tenait son téléphone avec les deux mains, pianotant sur le clavier avec ses pouces. Il jouait. Il a relevé la tête au moment où nous allions nous heurter. Il a fait un brusque pas de côté.
Je pense que les prêtres d’aujourd’hui doivent jouer avec leur téléphone. Il est possible que Dieu lui-même ait acheté un téléphone, mais je n’en suis pas certain. Sinon il m’aurait appelé depuis tout ce temps.

 

 

 

 

 

 

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