Images d’Afrique

François était encore étudiant lorsqu’il avait acheté « Images d’Afrique », un livre de Sam Haskins qu’il croyait sud-africain. L’homme, en effet, était né là-bas mais dans une famille d’origine anglaise et n’allait pas tarder à quitter son pays d’adoption pour s’installer à Londres où il deviendrait photographe de mode et ne l’intéresserait plus du tout.

Sam Haskins « Images d’Afrique », 1967. Éditions Le Bélier – Prisma, Paris (bibliothèque Vert et Plume, 1967)

Sam Haskins était à sa connaissance le premier à produire autre chose que des cartes postales de l’Afrique ou des clichés dans le  style explorateur et ethnologue. Il faisait preuve d’humour là où d’autres s’apitoyaient. Il mettait en scène des corps féminins rythmés par la danse au lieu d’être pétrifiés devant l’objectif du photographe. Haskins juxtaposait objets de la vie quotidienne, objets d’art et fragments de corps presque nus, au lieu de les ranger séparément comme l’aurait fait un conservateur de musée. Aux yeux de François, Haskins réussissait à donner de l’Afrique une image juste, celle d’un continent où l’art, qu’on le veuille ou non, n’est jamais coupé de la vie.

Flash infos artiste

Le style « explorateur ». Image ci-dessous :

Masques de la Côte d’Ivoire, figurant dans un ensemble décoratif de 1930, imaginé par le sculpteur Camille Garnier. Sourcing image : n° spécial de « L’Illustration consacré à l’expositon coloniale de 1931 (22 août 1931). Collection Vert et Plume

Sam Haskins. 1926-2009. Photographe né en Afrique du sud dans une famille d’origine britannique. Il commença sa carrière de photographe à Johannesburg avant de s’installer à Londres en 1968. Il pratiquait à ses débuts une photographie créative : assemblage par association d’idées d’images en noir et blanc au temps où le recours à l’ordinateur n’était pas possible. Son livre IMAGES D’AFRIQUE publié en France en 1967 est un hymne à la femme africaine, à la danse et aux traditions ancestrales de l’Afrique du sud. Son meilleur ouvrage, auquel COWBOY KATE, paru en 1965, est souvent préféré parce qu’il s’agit de photos de nus, s’adressant à un public plus large, dans un style western qui était pratiqué à l’époque par de nombreux photographes publiés dans LUI le magazine pour hommes de Daniel Filipacchi.

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