Il avait toujours aimé collectionner

Comment va « le musée » ?

« Les petites danseuses de Siguiri (Guinée française) », 1931. Sourcing image : magazine L’ILLUSTRATION du 22 août 1931, l’Exposition coloniale (collection Vert et Plume)

Il songeait sérieusement à inviter tous ses amis pour leur faire découvrir sa collection d’œuvres d’art. Il n’avait plus assez d’argent pour en accroître encore le nombre. Le moment était venu de les montrer.

Beaucoup de peintures, des sculptures en bois, en pierre, en bronze et en métal. Des dessins, des photographies, des objets, des livres et des films. Ainsi qu’une collection de jouets.

Il avait acheté la plus grande partie des œuvres en Afrique où il se rendait très souvent, voyageant dans tous les pays situés au sud du Sahara et dans l’océan indien.

Quand il se rendait au Kenya, son amie Suzanne (sans le « -ne » final, en anglais) l’accueillait en lui demandant des nouvelles de son musée : « Alors, comment va le musée ? », disait-elle en parlant de sa maison qu’elle imaginait (à juste titre) remplie, de la cave au grenier, de tous les achats qu’il faisait. Une fois c’était une girafe sculptée dans un très beau bois dur, découverte chez un artisan tanzanien, qu’il avait fait emballer et mettre en soute dans l’avion qui le ramenait à Genève.

Tu as fait un bon voyage ?

« Danseurs de la Côte d’Ivoire : tam-tam de Man », 1931. Sourcing image : magazine L’ILLUSTRATION du 22 août 1931, l’Exposition coloniale (collection Vert et Plume)

Il avait fixé des cimaises dans toutes les pièces que l’on pouvait parcourir, si l’on n’était pas pressé, comme les salles d’un musée ou, plus modestement, d’une galerie d’art. Il avait fait repeindre les murs en blanc, posé les statues sur des socles de différentes couleurs et enfermé les plus beaux objets dans des vitrines. Les objets plus ordinaires étaient en liberté, certaines sculptures avaient même trouvé refuge dans le jardin qu’elles ne quittaient plus.

Certains artistes étaient français, une était coréenne étudiante à Paris, il y avait aussi un artiste espagnol originaire de Cordoue, les autres habitaient le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin, le Cameroun, le Gabon, l’Éthiopie, la Tanzanie, Madagascar, le Zimbabwe et l’Afrique du sud.

Çà et là étaient accrochés des petits textes qu’il avait fait encadrer pour que ses amis, quand ils viendraient,les confondent avec l’œuvre d’un artiste dont il inventerait le nom :

« En Afrique du sud, on m’appelait Docteur Livingstone, parce que je voyageais dans les pays de l’Afrique Noire. »

« Allant chercher un visa à l’ambassade de la Guinée-Conakry à Dakar, on me salua : Tiens, voilà monsieur Sourire. »

« Dans la société pour laquelle je travaillais, on m’appelait l’Africain. »

« Dans le village de Mboali, non loin de Bangui, les enfants couraient autour de moi en criant dans leur langue Le Blanc ! Le Blanc ! Ils touchaient mon bras ou ma main pour voir de quoi j’étais fait. »

« A Kinshasa j’ai mis un pied dans une flaque d’eau boueuse qui dissimulait un trou profond où j’ai enfoncé la jambe. La scène n’avait échappé à personne. Tous les hommes qui étaient là éclatèrent de rire, mais aucun d’entre eux n’éleva la voix pour me décerner un nouveau sobriquet. »

Flash info exposition coloniale

Lire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Exposition_coloniale_internationale_%281931%29

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