Grand Guignol

« Ce sont toujours les mêmes adversaires qu’on voit resurgir. Mêmes ambitions, mêmes vanités, même amoralisme. Et les mêmes méthodes. Et les mêmes prétextes : la raison d’État, le salut de la France. »
Roger Martin du Gard « Le Lieutenant-colonel de Maumort » (p.902). Écrit entre 1940 et 1958 (Gallimard – collection de La Pléiade)
 

C’est nous les  Élus !

GAUCHE : Johannes Maswanganyi « Businessman », vers 2003. DROITE : « Publicité DIOR-Hommes », 2014. Sourcing image : « M » le magazine du Monde – Spécial Mode, oct.2014 (Archives The Plumebook Café)

GAUCHE : Johannes Maswanganyi « Businessman », vers 2003. DROITE : « Publicité DIOR-Hommes », 2014. Sourcing image : « M » le magazine du Monde – Spécial Mode, oct.2014 (Archives The Plumebook Café)

Business men, ou le style « Homme d’affaires ».
LES MÊMES AMBITIONS.  Les Élus détiennent le pouvoir. Aux uns l’économie, aux autres la politique. 
Restent les « Tous pourris ! », extrémistes de gauche et de droite dont on connaît les idées populistes relayées par les médias.
Friands de zizanie pour gonfler l’audience.
Les détenteurs de la puissance économique aspirent toujours à modifier les règles de la vie en société dans un sens qui serve leurs intérêts. 
ils demeurent dans l’ombre, agissent par groupes de pression interposés, de peur que les citoyens-consommateurs ne s’agacent de leurs privilèges.
Ceux qui détiennent le pouvoir politique sont au contraire défiants à l’égard du changement. Ils défendent le statut-quo social pour ne pas effrayer leurs électeurs. Conserver leur siège. Leur salaire.
En somme chacun se tient par la barbichette. Les élus, qui se croyaient autrefois au-dessus des lois, sont désormais tenus de rendre des comptes.
Doivent également se fondre dans le moule, « avoir l’air de… : habillement, apparence, prise de parole). 
Se conformer aux recommandations du responsable de la communication. Répondre aux attentes, tout comme un produit de grande consommation. 
Ils sont devenus des marionnettes, 
Une idée qu’illustre à merveille la publicité DIOR Hommes reproduite au-dessus. Que l’artiste sud-africain Johannes Maswanganyi avait mise en scène dix ans auparavant. Son « Homme d’affaires » est celui qui se déguise pour gagner de l’argent. 
L’air de rien.
 

Qui sauvera le citoyen français ?

 
Jean Désiré Court « Scène du Déluge », 1826-1827 (Huile sur toile 279x221 cm - Musée des Beaux-arts de Lyon). Sourcing image : catalogue de l’exposition « Ainsi soit-il », extraits de la collection Antoine de Galbert (Fage éditions, Lyon – 2011). Bibliothèque The Plumebook Café, nov.2011
Jean Désiré Court « Scène du Déluge », 1826-1827 (Huile sur toile 279×221 cm – Musée des Beaux-arts de Lyon). Sourcing image : catalogue de l’exposition « Ainsi soit-il », extraits de la collection Antoine de Galbert (Fage éditions, Lyon – 2011). Bibliothèque The Plumebook Café, nov.2011
« L’artiste vivant est en dialogue permanent avec le passé : Il n’est qu’une goutte d’eau dans un fleuve immense. »
Antoine de Galbert
 
MÊMES VANITÉS.  Une goutte d’eau dans un fleuve immense. L’image vaut pour l’être humain en général.
Loin de se percevoir comme tel, le citoyen se prend au contraire pour le centre du monde et se noie dans un verre d’eau.
L’homme qui fait Pschitt !
Tout l’effraie.
Si obéissant aux injonctions de la publicité, si réceptif aux rumeurs colportées sur la Toile.
Tellement prompt à réagir aux mots d’ordre, aux modes, aux slogans.
Pressé de descendre dans la rue.
De se mettre en colère.
La faute aux autres.
Le citoyen fait lui aussi penser à une marionnette. 
Clown triste.
 

La légalité n’est pas suffisante

 
Le maréchal Pétain accueilli sur les marches de la cathédrale St-Jean par le cardinal Gerlier, Lyon (1942), à l’occasion d’une fête de la JOC = Jeunesse Ouvrière Catholique. Sourcing image : « La Vie [catholique illustrée], à l’occasion de l’affaire Touvier, juin 1989 (archives The Plumebook Café)

Le maréchal Pétain accueilli sur les marches de la cathédrale St-Jean par le cardinal Gerlier, Lyon (21 juin 1942), à l’occasion du 15e anniversaire de la J.O.C. française = Jeunesse Ouvrière Chrétienne. Sourcing image : « La Vie [catholique illustrée], à l’occasion de l’affaire Touvier, juin 1989 (archives The Plumebook Café)

Philippe Pétain en Conseil des ministres au mois de juin 1940 : « Je resterai avec le peuple français pour partager ses peines et ses misères », en réponse à de Gaulle (alors sous-secrétaire d’État à la guerre), qui veut poursuivre la lutte à partir de l’Afrique du nord. Le même Pétain, devenu Président du Conseil, le 17 juin à la radio :
« Je fais à la France don de ma personne pour atténuer son malheur… il faut cesser le combat. »
 
LES MÊMES PRÉTEXTES.  Isolés dans leur fonction, les Élus de tout poil, bien qu’ils s’en défendent, vivent en décalage.
 La société qu’ils prétendent représenter pour les uns, ou satisfaire pour les autres, n’est pas ce qu’ils imaginent.
Ils défendent leurs marottes.
Leurs idées n’ont plus cours.
Ils étayent leurs discours de références archaïques ou d’expériences trop lointaines.
Quand la France était unicolore, sans odeur et sans saveur.
Prennent des décisions, souvent contraires à l’intérêt général, qu’ils prétendent imposer au prétexte qu’ils les ont discutées et votées !
Non, la légalité ne suffit plus.
Les institutions doivent être ravalées.
Instaurer la consultation des citoyens, recourir au référendum, dans le cas de travaux importants d’aménagement du territoire par exemple, qui engagent l’avenir.
Être un Élu ne rend pas plus intelligent qu’être un Citoyen.

0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*
*