Genèse d’un journal

Les cahiers d’écolier

Modèle d’un cahier d’écolier utilisé en Afrique par françois Buffard dans le courant des années 1990. Sourcing image : archives The Plumebook Café ©

Durant les années que j’ai passées  à voyager en Afrique, les cahiers d’écolier étaient souvent l’unique support papier disponible dans les pays que je visitais. 
L’écriture électronique les a relégués sur les étagères.
De la même manière on a enterré les explorateurs dans les réserves des musées d’ethnologie. Jeté les colons aux oubliettes.
Le cahier était la première chose que j’achetais sur le chemin de l’aéroport à l’hôtel. Dessus, je notais mes impressions, je dessinais les bâtiments qu’il était la plupart du temps interdit de photographier. 
Quand je passais une frontière je devais les dissimuler de peur de passer pour un journaliste, un espion…. 
Le soir à l’hôtel je coloriais mes dessins, je faisais quelquefois des collages. Prenais de nombreuses notes de lecture. 
Je  ne voyageais pas sans emporter des livres avec moi. Dans ma valise, les vêtements ne prenaient pas beaucoup de place. Au Gabon, je lisais « Un barrage contre le Pacifique » de Duras, enveloppé de la même chaleur humide que dans le livre.

Le voyageur

Luc Tuymans « Passenger », 2001. Sourcing image : « Contre-Images », livre édité à l’occasion de l’exposition au Carré d’Art de Nîmes, été 2004. Bibliothèque The Plumebook Café 10/04

Luc Tuymans « Passenger », 2001. Sourcing image : « Contre-Images », livre édité à l’occasion de l’exposition au Carré d’Art de Nîmes, été 2004. Bibliothèque The Plumebook Café 10/04

L’idée du voyageur peut englober toutes les étapes de la vie, y compris les moments de sédentarité prolongée.
L’intelligence est occupée à reformuler les idées qui nous viennent à tout moment à l’esprit et à les stocker dans notre mémoire vive.
Nos rêves eux-mêmes entretiennent des relations étroites avec la réalité, doivent être pris en compte.
Un esprit qui cesse de voyager n’est plus curieux du monde.
Il s’étiole, se recroqueville sur le passé.
Il m’arrive de confier à mon ordinateur les sentiments que m’inspire l’actualité. J’aime combattre les idées reçues, partir à la recherche du sens, tout comme le faisait l’explorateur en herbe que j’étais avec mes petits cahiers.. 
Confronter l’art et les idées à la réalité. Tester leur résistance à la chaleur et à l’humidité…
Je m’affranchis des barrières du temps et lme aissé envahir par le sentiment de continuité.
À vrai dire, tous les articles de mon blog peuvent être lus comme les pages de mon journal.

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