Du passé, faisons table rase

 L’orgueil de la jeunesse

Nicolas Chardon « Sans titre », 1999. Crayon et acrylique sur toile, photo Jean-Michel Lapelerie . Sourcing image : bibliothèque The Plumebook Café
Nicolas Chardon « Sans titre », 1999. Crayon et acrylique sur toile, photo Jean-Michel Lapelerie . Sourcing image : bibliothèque The Plumebook Café

D’emblée ces peintures ont happé son regard. Sans doute à cause de l’éclat  de l’acrylique. Couleurs néon. Sources de lumière : soleils dans une immensité de ciel bleu, et feu de la forge de Vulcain.
Peintes il y a une quinzaine d’années, ces œuvres appartenaient désormais à celui qui les regardait. Lui, qui feuilletait par hasard le catalogue corné de leur exposition, abandonné sur la table basse d’une salle d’attente.

Les années avaient ce pouvoir de gommer le passé, et les livres de le faire ressurgir.
Ces deux peintures lui semblaient symboliques d’un temps qui se construit à l’écart d’un passé encombrant. En faisant mine de l’ignorer. En lui tournant le dos. Le travail d’un jeune orgueilleux, comme celui qu’il avait lui-même été..
Elles seraient la représentation de notre inconfort.
D’un côté, les traces de quelque chose que l’on a du mal à reconnaître. De l’autre, le sentiment de liberté nécessaire à la création.

Le concept de la trace

Nicolas Chardon « Sans titre », 1999. Crayon et acrylique sur toile, photo Jean-Michel Lapelerie . Sourcing image : bibliothèque The Plumebook Café

Nicolas Chardon « Sans titre », 1999. Crayon et acrylique sur toile, photo Jean-Michel Lapelerie . Sourcing image : bibliothèque The Plumebook Café

Entretien de France Culture avec Alain Schnapp, archéologue (12 mai 2014)
NOTES D’ÉCOUTE
Le concept de la trace en creux (dans la neige ou le sable).
Quelque chose qui est usé, qui s’est défait.
Ce qui s’abîme : il ne reste plus grand-chose, ou plus rien.
La trace est immatérielle.
Toutes petites traces que l’on regarde comme porteuses de quelque chose remontant à des millions d’années.
Comment faire face, mainttenir les souvenirs en vie.
La jeunesse a d’autres espérances et se désintéresse de cette mémoire.
Accepter les ruines, c’est accepter l’idée de notre propre finitude.
L’histoire c’est ce qu’une société dit d’elle-même.
Nous sommes détenteurs d’une histoire qui remonte bien en-deça de notre naissance.

Flash infos artiste

Nicolas Chardon.  Né en 1974. Artiste plasticien français. Exposition de l’école supérieure des beaux-arts à Paris, sur le thème : « que sont devenus nos anciens élèves dans la vraie vie » (1999)

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