Debout les abstraits !

Ce qui semble abstrait peut se concrétiser

José Querrero [1914-1991] « Rouge et Noir », 1984. Huile sur toile. Sourcing image : exposition « Art, Dos Punts », Barcelone (1993). Photo The Plumebook Café, 11/93
José Querrero [1914-1991] « Rouge et Noir », 1984. Huile sur toile. Sourcing image : exposition « Art, Dos Punts », Barcelone (1993). Photo The Plumebook Café, 11/93
Une ancienne émission de télé : l’histoire d’un porte-containers échoué sur la plage d’une petite île anglo-normande. Une dame [anglaise] qui raconte au journaliste le sentiment d’horreur qu’elle a éprouvé lorsque des centaines de « shipwreckers »,  j’ai envie de les appeler ainsi, des pilleurs d’épaves façon 21e siècle, sont venus en voiture (je n’ai pas compris s’ils avaient emprunté un ferry…) pour se servir comme au supermarché, mais gratis ! Les containers étaient remplis d’objets et de matériels de toute sorte. Ils s’étaient détachés du pont du navire et étaient venus s’éventrés sur les rochers. 
Flairant la bonne aubaine, ces gens, étaient venus par centaines du continent. Ils avaient envahir le petit village où vit notre chère Anglaise. Un endroit d’ordinaire si calme où il n’arrivait rien depuis des siècles sauf de brusques  tempêtes et des lendemains ensoleillés.
La dame était traumatisée. Le journaliste ravi d’avoir une histoire à se mettre sous la dent. Et le spectateur que j’étais alors, intéressé par le reportage.

Quand viendra l’aube d’un nouveau monde

 Antoni Tàpies [1923-2012] « Forme Blanche », 1959. Sourcing image : exposition « Art, Dos Punts », Barcelone (1993). Photo The Plumebook Café, 11/93

Antoni Tàpies [1923-2012] « Forme Blanche », 1959. Sourcing image : exposition « Art, Dos Punts », Barcelone (1993). Photo The Plumebook Café, 11/93
 Fallait-il, comme cette Anglaise, confondre le désir de certaines personnes, certes très nombreuses, de profiter d’une aubaine, avec une invasion du genre entrée des barbares dans Rome ou des troupes allemandes dans Paris ?
Ce qui vous faire tomber du lit où vous dormez tranquille depuis des décennies est aussi l’occasion de  comprendre que vous viviez isolé, à l’écart d’un  monde dont on n’a aucune idée précise, celui des autres. On sait juste qu’ils existent à la périphérie grâce aux images d’internet et de la télé. 
Tout d’un coup, les voilà qui frappent à la porte : « Nous aussi on veut profiter de la bonne aubaine. Ici c’est cool ».
Nos frontières volent en éclats.
Quel choc de découvrir que les autres ne sont pas comme nous, qu’ils ont pourtant les mêmes besoins, réclament les mêmes droits ! 
N’est-ce pas un signe que nous ne vivons plus dans le concret mais dans l’abstrait ? 
Le concret étant précisément les autres, et l’abstrait notre société en crise depuis 1973… 42 années de crise !!
Déconnectés, repliés sur nos peurs, rêvant d’un retour en arrière, alors que l’Histoire de l’humanité n’est rien d’autre que le récit d’une perpétuelle marche en avant.

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