De l’art! De l’art!

Lyon, capitale de l’art contemporain en France

Les abords du Musée d’Art Contemporain de Lyon et la Tête d’Or de l'artiste Huang Yong Ping installée sur le toit (Carte & photos:Vert et Plume)

Musée d’Art Contemporain de Lyon, les abords du musée. La Tête d’Or de l'artiste Huang Yong Ping installée sur le toit (Photos:Vert et Plume)

Sur la toiture du musée se dressait l’ossature d’un pavillon doré de l’époque Song, une création de l’artiste chinois Huang Yong Ping.
Artiste né en 1954, installé aujourd’hui à Paris. L’œuvre prolongeait l’histoire de la Tête d’Or qui a donné son nom au plus célèbre parc de Lyon.

La ville de Lyon donne au visiteur l’impression d’avoir réussi à maîtriser son développement. Elle n’est pas coupée de son environnement d’origine : Rhône, presqu’île, Saône, colline de Fourvière, tout est là depuis une éternité. Venir ici  le week-end donne des impressions que l’on n’aurait pas en semaine.
Se cantonner aux beaux quartiers de la ville nous tient à l’écart des sans-grade, sauf derrière Perrache les prostituées faisant le pied de grue,  guettant un signe des camionneurs stationnés tout près.
Personne n’est assez naïf pour ignorer la face cachée d’une grande ville, les artistes de la Xè Biennale étaient là pour le rappeler. La presse spécialisée l’a écrit, la manifestation lyonnaise faisait la part belle aux productions à caractère sociologique davantage que plastique.

Décors d’un week-end à Lyon

Le quotidien, la ville, l’eau, la rue, la maison, la cabane, la plage, les affaires, l’usine, la crise, la pauvreté, le pouvoir, l’argent, les drapeaux enflammés, les voitures renversées, les tags sur les murs, la Saône, le Rhône, la presqu’île, l’hôtel des Artistes, le théâtre des Célestins, l’Opéra, la place Bellecour, la statue de Louis XIV, la Fondation Bullukian, les voies sur berge, le tram, les bus, l’hôtel Hilton, le CinéCité, le parc de la Tête d’Or, le Musée d’Art Contemporain, le ciel, les nuages, la lune.

Les acteurs d’une Biennale d’art contemporain

Thierry Raspail directeur du nouveau MAC et fondateur en 1991 de la Biennale en association avec les communes de  l’agglomération lyonnaise et le ministère de la Culture, Hou Hanrou critique d’art américain d’origine chinoise et commissaire de l’exposition, les artistes, les minorités, les sans-papiers, les déshérités, les classes sociales cloisonnées, les contrôleurs de la SNCF, les baigneurs, les visiteurs, les Lyonnais, les enfants, les professeurs, les consommateurs et les intérimaires, ils sont tous là.

L’art, c’est aussi des chiffres

Un Nous, groupe d’artistes travaillant ensemble depuis 2006 (Photo V&P)

Un Nous, groupe d’artistes travaillant ensemble depuis 2006 (Photo Vert et Plume, 2009)

Avec le soutien de la Galerie Agnès b. (rue Quincampoix à Paris), Un Nous a travaillé sur des collages urbains prenant la forme d’affichage de textes et d’images que l’on retrouve à l’intérieur de la Sucrière :

  • Budget inférieur à 7 millions d’euros
  • 3 millions vont aux fournisseurs et prestataires de services
  • 3 à 400 emplois intérimaires créés

Financement :

  • 65% par les collectivités locales
  • 20% la billeterie
  • 15% le mécénat d’entreprise

Les thèmes de notre quotidien vu par les artistes :

  • La magie des choses
  • Eloge de la dérive
  • Un autre monde est possible
  • Vivons ensemble
  • Veduta
Dan Perjovschi a le coup de crayon et l’humour d’un Wolinski

Dan Perjovschi a le coup de crayon et l’humour d’un Wolinski (Photo V&P)

« Less is more », était la profession de foi de l’architecte de Chicago Mies van der Rohe (1886-1969), l’idée qu’une architecture débarrassée de ses fioritures devait prévaloir. L’acte de naissance de l’architecture moderne par opposition à celle de la seconde moitié du XIXè.
Perjovschi n’est pas le premier à reprendre la formule à son compte. Il joue avec les mots ressassés par les politiques, les médias et repris par les auditeurs-lecteurs-consommateurs. Il les retourne pour faire éclater l’absurde et le ridicule. Attention, l’artiste mord !

Principaux lieux d’exposition

Ce sont les mêmes d’une manifestation sur l’autre. Ne pas se cantonner à un seul lieu. Se laisser au contraire entraîner par le charme de l’œuvre d’un artiste aperçu à la Sucrière pour en découvrir une autre de lui dans le Musée d’art moderne :

  • La Sucrière et l’entrepôt Bichat, quai Rambaud sur la Saône
  • la Fondation Bullukian, place Bellecour-angle Victor Hugo
  • le MAC à la Tête d’Or
Le site de La Sucrière, quai Rambaud

La Sucrière, quai Rambaud sur la Saône (Photo Vert et Plume, 2009)

Entrée de La Sucrière

La Sucrière, Lyon (entrée de l'exposition principale de la 10è Biennale d'art contemporain (Photo Vert et Plume, automne 2009)

Chaque fois, la biennale est investit de nombreux endroits situés sur l’ensemble de l’agglomération lyonnaise. Elle résone jusqu’à Grenoble et Annecy, avec l’exposition au Musée-Château : La poétique du Chantier, jusqu’en avril 2010 / lire « Pladoyer pour un monde meilleur ».

L’œuvre symbolique d’un monde qui peine à se transformer

Peu d’idées et de choses rassemblent les hommes, beaucoup les séparent

Shilpa Gupta, Biennale de Lyon (2009). L'artiste est née en 1976 à Bombay où elle vit. Représentée en France par la galerie Yvon Lambert (Photo Vert et Plume, 2009)

Peu d’idées et de choses rassemblent les hommes, beaucoup les séparent.

La porte de Shilpa Gupta  installée au rez-de-chaussée de La Sucrière semblait en commander l’accès tant le bruit qu’elle faisait en cognant la cloison sur laquelle ses gonds étaient fixés résonnait comme un avertissement adressé aux visiteurs. Comme la frontière commandant l’accès à un pays totalitaire. Il y avait dans les années 60 ce genre de porte à la frontière irako-iranienne, tout sauf la porte du Paradis.

La disparition des projets politiques dans des sociétés dominées par l’instabilité du quotidien et l’incertitude de l’avenir encourage les artistes à hausser le ton. Tout au long de la Biennale, ils ont bousculé les marchands du temple et les marchands de soupe. Ils dénoncaient les injustices et les violences. Ils pointaient du doigt les défaillances de la démocratie et les injustices du développement économique.

Une œuvre précieuse et cachée

« Je suis fils d’un homme noir du Kenya et d’une femme blanche du Kansas »

Sylvie Blocher "A more perfect day" (2009). Sourcing image : catalogue de la Xè Biennale de Lyon (automne 2009)

« Je suis fils d’un homme noir du Kenya et d’une femme blanche du Kansas »

Le noir dessine sur la peau du chanteur les contours d’un vêtement diaphane qui souligne sa poitrine comme celle d’une femme et donne à cette image un caractère ambigu : est-ce la dualité des races ou celle des sexes qui est célébrée dans cette installation ?

Vidéo-installation dans le hall d’entrée du MAC côté librairie

Sylvie Blocher "A more perfect day", Vidéo-installation dans le hall d’entrée du MAC côté librairie (Photo Vert et Plume)

Ce que voyait réellement le visiteur : une vidéo installée en bas de l’escalier d’accès aux caisses, qui souffrait de la lumière ambiante surtout les jours ensoleillés. Les visiteurs qui empruntaient l’entrée principale du côté opposé donnant sur le Parc pouvaient très bien ne pas la voir. L’œuvre de Sylvie Blocher aurait gagné à figurer dans un espace réservé où l’on aurait pu entendre distinctement les paroles du chanteur et voir correctement son image androgyne, ou… métis ?

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