Chroniques new-yorkaises [Fin]

New-York, oct. 1979
Jean-Michel Basquiat allait avoir 19 ans et commençait tout  juste à faire parler de lui.
Source des informations sur l’adolescence de Basquiat : biographie écrite par Phoeban Hoban « Basquiat, a quick killing in art », 1998 (nouvelle édition corrigée,  2004). Penguin Books.

Une autre Amérique

François Buffard « C’est encore loin l’Amérique ? », 1979-80 (collage). Collection The Plumebook Café (Droits de reproduction réservés)

« C’est encore loin l’Amérique ? »

New-York, automne 1979, Basquiat allait avoir 19 ans. C’était leur dernière journée à New-York. En quittant ce matin-là l’hôtel Charlotte et Guillaume se séparèrent. Guillaume allait dans le New-Jersey où étaient concentrées un grand nombre d’entreprises. Les contacts de Charlotte, essentiellement des supermarchés de bijoux, étaient dans Manhattan.

Nobuyoshi Araki « New-York », la sortie des bureaux (1979). Sourcing image : « New-Tork, works of Nobuyoshi Araki – 4. »Heibonsha Ltd Publishers (Tokyo, 1996). Bibliothèque Vert et Plume, déc.1998

Guillaume qui d’ordinaire n’aimait pas la foule était amusé de se retrouver parmi les New-Yorkais. Bien qu’il aillait en sens inverse d’eux qui habitaient en banlieue et venaient à Manhattan pour rejoindre leurs bureaux, il les observait, essayait même de leur ressembler.  Au moment du déjeuner il n’hésita pas à dévorer un double hamburger frites avec ses clients. La sauce Ketchup dégoulinait sur ses doigts quand il serrait son sandwich et l’obligeait à s’essuyer sans cesse avec de minuscules serviettes en papier qu’il tirait d’un distributeur posé sur la table.

François Buffard « American Gastronomie », 1979 (collage). Collection The Plumebook Café (Droits de reproduction réservés)

En interrogeant ses compagnons d’un jour sur leur emploi du temps, leurs hobbies ou leur vie familiale, Guillaume  se rendit compte de la banalité de leur existence. Le fait d’être américain plutôt que français ne changeait pas grand chose à l’affaire. Ils s’habillaient différemment, mangeaient différemment mais parlaient de sports, de travaux dans la maison, de l’heure à laquelle il faudrait quitter le bureau pour éviter les embouteillages, du temps qu’il ferait le week-end. Pas un mot à propos des spectacles de Manhattan où on aurait dit qu’ils ne mettaient jamais les pieds, pas une évocation de l’actualité littéraire ou musicale. Ils étaient aussi désespérants que n’importe quel Français moyen.

Le rituel de la culture

Nobuyoshi Araki « New-York », scène de la rue (1979). Sourcing image : « New-Tork, works of Nobuyoshi Araki – 4. »Heibonsha Ltd Publishers (Tokyo, 1996). Bibliothèque Vert et Plume, déc.1998

Guillaume retourna sur Manhattan en milieu d’après-midi en empruntant depuis la station de Hoboken le train qui passait sous l’Hudson River. Dès qu’il se retrouva au pied des gratte-ciel il eut le sentiment de revivre. Après cette demie journée passée avec des middle-class Americans, il se demandait s’il n’était pas à New-York dans un autre pays qu’eux. Ici, même les gens les plus ordinaires paraissaient plus curieus de tout ce qui les entourait.
Il avait donné rendez-vous à Charlotte au Rockefeller Center. Ils prirent un taxi pour se rendre au musée Guggenheim. Dans la voiture tous les deux n’arrêtaient pas de parler, échangeant leurs expériences. Charlotte avait découvert que la distribution des bijoux aux Etats-Unis était entre les mains de véritables supermarchés. rien à voir avec les petits magasins indépendants français. Elle paraissait découragée. Comme Guillaume n’était pas non plus convaincu de ses propres chances de succès, la perspective de visiter un musée leur plaisait. Ils espéraient se requinquer au contact des oeuvres d’art.

François Buffard « Guggenheim Museum – N.Y.C. », 1982 / image de gauche. A droite : Jacques de Loustal, années 1980. Dessin sur un scénario de Max Fournier « Ali Brahim Mustapha, saxophoniste – « L’Echo des Savanes » n°84bis, Spécial New-York (archives Vert et Plume)

Ils décidèrent en sortant qu’ils iraient dîner dans un restaurant cubain. Les restaurants français étaient trop chers. Guillaume de toute façon ne tenait pas à se retrouver avec des Français nostalgiques de leur pays qu’il aurait entendu durant tout le repas critiquer les Etats-Unis. Le voyageur qu’il voulait incarner devait être heureux de se trouver là où il avait choisi d’aller. La curiosité et le plaisir pour guides. Pas la manie qu’ont certains de comparer et de juger comme si l’important était de se rassurer sur le non-choix de vivre dans son pays natal au lieu d’émigrer vers des terres inconnues. L’arbitraire des idées personnelles pour rejeter l’aventure.

Le petit monde des artistes

Jean-Michel Basquiat « Back of the neck », 1983. Sérigraphie sur papier. Sourcing image: catalogue de l’exposition Basquiat, La Havane (Cuba), 2000. Bibliothèque Vert et Plume

SAMO IS AN ESCAPE CLAUSE
SAMO AS AN END TO MINDWASH RELIGION

Dans East Village, on avait vu Jean-Michel Basquiat, Jean comme on disait ici, se balader dans un manteau qu’il avait peint,  jouant d’un saxo miniature. Il appréciait de passer pour un clodo, tout le contraire de son père comptable en veston et cravate.
Il y avait un tas d’immeubles abandonnés dans le quartier. Une aubaine pour Jean qui pouvait y passer la nuit avec son copain Diaz quand ils n’avaient pas trouvé d’autre solution.

Sud de Manhattan, extrait du plan de la ville de N.Y.(1982). A l’intérieur du cercle rouge, le « territoire » de Jean-Michel Basquiat. En bas à droite Brooklyn où il était né. Archives Vert et Plume

Jean était un gosse de Brooklyn. De l’autre côté du pont du même nom, où il avait passé son enfance, il pouvait contempler la ligne des gratte-ciel de Manhattan. Désormais il y avait élu domicile. Hormis un court séjour en Haïti avec son père et ses soeurs quand il était gosse, Jean ne connaissait rien d’autre que la ville de New-York. Sorti de Washington Square, la nature lui était à peu près inconnue. On le verra plus tard en Suisse portant une toque de fourure, à Abidjan  rêvant au bord de la lagune. On le saura à Hawaï ou en Italie. Mais on ne le verra jamais surfant sur la crête des vagues ni marchant dans la forêt. Ses pieds, quand il sortira de sa chambre ou de son atelier, ne fouleront que le macadam ou le plancher des boîtes de nuit.
A l’intérieur de Manhattan, Jean dépassait rarement la limite de Central Park où sont les musées Gugggenheim et Metropolitan. C’est là qu’il venait pour vendre aux visiteurs des tee-shirts peints, des sweat-shirts, des cartes postales, ou des petits poèmes de rue.

Géographie des paradis artificiels

Jean-Michel Basquiat « Anatomy Six », 1983. Sourcing image : catalogue de l’exposition « JMB – « Témoignage 1977-1988 », galerie Jérôme de Noirmont (1998). Bibliothèque Vert et Plume

« Dans la peinture de Basquiat, a écrit Phoebe Hoban, les garçons ne deviennent jamais des hommes mais des squelettes et des crânes. »

Où qu’il aille Jean avait JUNKIE, le récit semi-autobiographique de William Burroughs (aussi orthographié « Junky ») dans une poche de sa veste ou de son manteau, comme un évangile. Ce journal d’un héroïnomane écrit en 1953 commence en affirmant que la came n’est pas un stimulant mais bien une manière de vivre. C’est la société et non la drogue qui façonne le camé. Depuis qu’il avait 14-15 ans Jean fumait de l’herbe a longueur de journée. A 18-19 ans il consommait de la cocaïne, devenue depuis la drogue de Mr et Mme Tout-le-Monde, avait déjà touché à l’héroïne dont sa consommation montera jusqu’à 100 paquets par jour à la fin de sa vie, et prenait souvent de l’acide. Il buvait aussi beaucoup d’alcool.
Un usage compulsif de stupéfiants qui lui garantissait de ne jamais franchir la ligne rouge qui séparait l’adolescence de l’âge adulte. Il serait mort avant.

Voici les endroits du corps qui profitent ou souffrent des différentes drogues associées aux musiques underground qui leur correspondent. (Source : commentaire de l’image reprosuite au dessous)

Mainmise magazine « Effets des différentes drogues », 1970. Sourcing image : Underground, l’histoire », éditions Denoël & Actuel (2001). Bibliothèque Vert et Plume, août 2006

« Mon enthousiasme d’adolescent pour « City of Night » de John Rechy et  « Junky » de Burroughs m’avait convaincu que la puissance politique de l’homosexualité résidait dans la subversion implicite du quotidien familial. »
Bruce Benderson, « Pour un nouvel art dégénéré » (1997). Traduction française dans la coll.Rivages Poche, 1998.

William Burroughs : « Avec l’acide j’ai le visage enflé et la main maladroite. Avec le cannabis je me contrôle et je me sens très sûr de moi. Je m’en sers pour travailler : cela accélère le train des associations. J’obtiens ainsi 3 ou 4 idées sur un même thème au même moment. » Difficile de savoir au juste si la drogue accroissait ou non les capacités créatrices de Jean. Aurait-il produit les mêmes dessins et peintures s’il n’avait pas été toxicomane ?
Burrroughs s’est exprimé sur le sujet. Interrogé en nov.1970 pour « Actuel » par Jean-François Bizot et Michel Braudeau, il disait : « Je n’ai écris aucun livre quand je prenais de l’héroïne… elle amoindrit non seulement la perception de l’environnement mais aussi de l’ensemble du processus psychique et physique. Un artiste a besoin de maîtriser ses sens et sa conscience. Mais pour un écrivain toute expérience est profitable. » (…) « Les drogues ont leur rôle. C’est une voie plus courte pour arriver à défaut d’autres [à un élargissement de la conscience].

Une existence molle et ambiguë

Maripol, « Klaus Nomi au Mudd Club », 1980 (à gauche) & « Jean-Michel Basquiat », également photographié au Mudd (1981). Polaroïd SX70’s. Sourcing images : « Bande à part, New-York Underground 60’s 70’s 80’s », éditions du Collectionneur (2005). Bibliothèque Vert et Plume, oct.2005

« Dans l’univers homo, un médecin à la retraite pouvait adopter un gigolo des rues et un étudiant de Harward se retrouver au lit avec un meccano de quarante ans. »
Bruce Benderson, « Pour un nouvel art dégénéré » (1997). Traduction française dans la coll.Rivages Poche, 1998.

Beaucoup d’artistes donnaient des spectacles au Mudd Club. A propos du club, lire les 2 articles précédents.
Comme ce Klaus Nomi qui fut un temps l’amant de Basquiat. Jean qui était curieux de tout lui demandait de parler allemand pour entendre les sonorités de cette langue u’il ne connaissait pas. La brève histoire de leur relation ne manquait pas de détails sordides. Klaus Nomi avait raconté à tout le monde que Jean lui avait refilé à quatre reprises une blenno mais avait toujours refusé de lui donner un cent pour acheter les médicaments. Heureusement pour Jean, le sida n’existait pas encore. Nomi aura moins de chance. Il en sera l’une des premières victimes.

Pierre & Gilles « David et Jonathan », 2005. Modèles : Jean-Yves et Moussa. Sourcing image : catalogue de l’exposition « Un monde parfait », galerie Jérôme de Noirmont (hiver 2006-2007). Bibliothqèue Vert et Plume, janv.2007

Il y avait des soirées à thème au Mudd : la Cow-boy Night, l’Arab Night…

Un jour Jean et Keith Haring qui fréquentait aussi le Mudd avaient recouvert de tags la cabine transparente dans laquelle le DJ avait été enfermé pour le protéger des bouteilles ou des verres que les clients lui lançaient quand ils n’appréciaient pas ses choix musicaux.

Kees van Dongen « Autoportrait en Neptune », 1922. Sourcing image : catalogue de l’exposition « Van Dongen, fauve, anarchiste et mondain » au MAM de Paris (printemps 2011). Bibliothèque Vert et Plume

… la Black Night, la Drag Night.

Jean était d’origine haïtienne (son père) et portoricaine (sa mère), pas un descendant des esclaves du sud des Etats-Unis. Il se savait homo dans une famille de petits bourgeois arrivistes et machos. Il avait détesté l’école, ne s’était intéressé qu’au dessin, à la peinture et à la musique. Il n’avait pas du tout envie de s’identifier à une communauté noire-américaine traditionaliste et remontée contre les Blancs. Ces derniers tenaient le marché de l’art. Ils étaient attirés par les nouveaux artistes issus de l’Underground qui leur paraissaient à la fois sauvages et subversifs.  Jean en était très conscient et n’hésitait pas à en rajouter une couche. La drogie et l’alcool étaient pour beaucoup dans ce culot et ce goût du spectacle.
Comble d’ironie pour les petits bourgeois, c’était justement leur marginalité qui permettait aux artistes de l’underground de transcender les traditionnelles divisions fondées sur la catégorie sociale et la couleur de la peau.

Nan Goldin “Kenny in his room”, New-York City (1979). Sourcing image: Camera International, n° spécial Arles, été 1989 (bibliothèque Vert et Plume)

« Mes escapades sexuelles m’avaient permis d’entrevoir des modes de vie, des réalités sociales que la plupart des gens de mon milieu n’avaient jamais rencontrés. »
Bruce Benderson « Pour un nouvel art dégénéré » (1997). Traduction française dans la coll.Rivages Poche, 1998.

A 19 ans on se fichait pas mal des idéaux de santé physique et morale qui taraudaient les nouveaux parents de la classe moyenne. Jean allait là où la nuit l’entraînait, au Mudd le plus souvent, pour finir dans le lit d’un garçon.
Jean ne se séparait jamais d’un petit lecteur de cassettes avec lequel il écoutait du David Bowie.

Les filles de Basquiat ressemblaient à des poupées

Nobuyoshi Araki « New-York », vitrine d’un perruquier » (1979). Sourcing image : « New-Tork, works of Nobuyoshi Araki – 4. »Heibonsha Ltd Publishers (Tokyo, 1996). Bibliothèque Vert et Plume, déc.1998

Les seuls modèles de relation homme-femme que Jean avait en tête à 19 ans étaient catastrophiques. D’une part l’échec du couple formé par ses parents, suivi de l’interdiction imposée par le père à son ex-femme de remettre les pieds dans la maison et de rester devant la porte si elle voulait à ses enfants. D’autre part les liaisons caricaturales de son père avec des femmes blanches aux cheveux blonds.
Dans les passages de son journal qu’il consacrera à Jean, Andy Warhol le décrit une fois au lit avec une fille qui voulait lui emprunter de l’argent. Beaucoup de femmes le soutiendront au début de sa carrière en lui offrant des opportunités d’exposition, en mettant des locaux à sa disposition pour peindre.  De rares représentations du corps féminin apparaîtront dans ses tableaux. Elles ressembleront à celles de Bernard Buffet, le même corps efflanque.

Jean-Michel Basquiat « Sans titre » détails, oct.1983. De gauche à droite : « Spécial jaune », « Style 45 » et « Visage de Vénus ». Acrylique et crayon gras sur papier, 1983 (détails). Sourcing image : catalogue de l’exposition Basquiat, La Havane (Cuba), 2000. Bibliothèque Vert et Plume

« I’d like to write a book about sleeping with all the glamour queens of the Lower East Side, »
dira Jean-Michel Basquiat en riant à une amie quand il sera devenu célèbre et que  les filles (toutes Blanches) commenceront à tourner autour de lui. (1980, cité par Phoebe Hoban)

En parlant de cette période de sa vie, Jean dira de lui à un journaliste : « Je me produisais dans les night-clubs avant même d’être un peintre. J’étais le garçon qu’on voyait partout (the omnipresent kid). Les femmes m’ont toujours aimé, je ne sais pas pourquoi. J’étais seulement un beau gosse. »
L’année suivante, Jean alors âgé de 20 ans, aura une liaison avec une jeune actrice d’origine hongroise, âgée de 14 ans seulement. Maripol chez qui Basquiat logera à ce moment-là, les trouvera un matin au lit tous les deux pouffant de rire comme des gamins et les trouvera tellement mignon. Elle tentera alors de leur faire un cours sur les méthodes contraceptives…

Le moment de quitter New-York pour la Floride

Nobuyoshi Araki « Vue aérienne de Manhattan », 1979. Sourcing image : « New-Tork, works of Nobuyoshi Araki – 4. »Heibonsha Ltd Publishers (Tokyo, 1996). 980Bibliothèque Vert et Plume, déc.1998

Guillaume et Charlotte avaient rejoint Kennedy Airport pour embarquer à destination de Miami. A peine le taxi s’était-il arrêté devant l’aérogare qu’un employé de la compagnie s’était emparé de leurs bagages pour les étiqueter avant de les déposer sur un tapis roulant accessible depuis le trottoir. L’efficacité américaine les avaient épatés.  Munis de leurs cartes d’embarquement ils étaient allés jusqu’à la porte où plusieurs avions en partance pour la Floride attendaient les passagers. Ils se seraient crus sur le point de prendre le bus tant l’ambiance était décontractée. Les gens autour d’eux étaient déjà habillés comme s’ils allaient à la plage.
Installé dans l’avion à côté de Charlotte qui sortait ses affaires de son sac, Guillaume songeait à ces quelques jours qu’ils venaient de passer à New-York et se disait que cette ville était certainement la seule qui pourrait prétendre au titre de capitale du monde. Qui ne la connaîssait pas déjà à travers les films et les photographies en y mettant les pieds pour la première fois ?

Nobuyoshi Araki « Au-dessus de N.Y.C., 1979. Sourcing image : « New-Tork, works of Nobuyoshi Araki – 4. »Heibonsha Ltd Publishers (Tokyo, 1996). Bibliothèque Vert et Plume, déc.1998

On y venait pour vérifier que ce qu’on l’on voyait correspondait à ce qu’on avait imaginé. Et tout était encore mieux en vrai. Au moment de la survoler une dernière fois, l’incroyable densité des constructions donnait à la ville des airs de forêt de pierre des temps modernes.
Toutes les autres grandes villes du monde cherchaient à lui ressembler.

Déc. 1980. Jean jouera les premières scènes du film New-York Beat qui sortira finalement sous une autre forme et le titre de Downtown 81. Jean joue à être lui-même. Les bureaux de prod’ sont au-dessus du Great Jones Cafe. En face, de l’autre côté de la rue, quand il sera riche, Jean occupera un loft où il mourra en 1988 d’une overdose. Lire : Dans la chaleur d’un mois d’été
Un tout petit monde.

Au pays des contes de fées

François Buffard « Souvenir de Floride », 1979-80 (collage). Collection The Plumebook Café (droits de reproduction réservés)

Au Texas, un autre Etat du sud, on venait de décider d’apposer un tampon sur les manuels de Sciences Nat’ de 6è précisant que les thèses de Darwin sur l’évolution des espèces ne remettaient pas en cause l’histoire d’Adam et Eve.

Dans cette Floride où plusieurs mythes américains étaient réunis (la base de Cap Canaveral d’où était partie la fusée Saturne pour mettre en orbite les astronautes en partance vers la lune, Disneyworld où Mickey vivait avec tous ses amis, Miami Beach où séjournaient les milliardaires loin des faubourgs blacks de la ville et Key West où les gays venaient de New-York et de San Francisco pour contempler le coucher du soleil), Charlotte et Guillaume allaient découvrir que les réfugiés de la bourgeoisie cubaine avaient colonisé l’endroit, les indications routières étaient bilingues anglais-espagnol, et installé à côté des commerces de vêtements des bureaux d’affaires pour travailler avec le Mexique et les autres pays de l’Amérique latine.

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