Chambre d’hôtel [2/3]

SHORT STORY.   Avenue Louise. 22 heures. Louis n’est pas encore passé à l’hôtel. J’essaie de lire les magazines avachis sur la table basse devant moi, regarde en même temps une série anglaise à la télé. La sonnerie du téléphone de la chambre retentit.
Je me suis endormie et naturellement c’est lui !.
Je bredouille dans le combiné. Pas envie de me recoiffer, me maquiller, il est trop tard. Qu’est-ce qu’il raconte ? Il s’étonne de me trouver couchée, je me suis allongée, ce n’est pas pareil. On voit qu’il n’a pas travaillé de la journée !
Je suis dans le hall. Moi Mmmmmc’était bien ton spectacle ? Lui Non, la pièce n’était pas formidable. Alors, on se voit demain. A dix neuf heures. J’insiste Dix neuf heures tapantes d’accord ? Il a raccroché.

Dorothée Smith « Portrait », 2011. Sourcing image : « Hear us marching up slowly », exposition à la Galerie des Filles du Calvaire, Paris 3e (janv.-fév. 2012). Archives Vert et Plume

SHORT STORY [suite]   Je me relève, me déshabille, jette culotte et soutien-gorge dans le laundry bag et switch off the lights. Désolée, ici ce n’est pas la France tout est en anglais.
Le lendemain. De nouveau, j’attends. Jusqu’à vingt heures. Il y a un message pour moi que personne n’a eu l’idée de me donner en rentrant. La réceptionniste fouille dans sa corbeille et me tend un papier froissé. MESSAGE | Passerai à vingt heures | Attends-moi en bas | Louis ­|

Ne pas m’inquiéter. Je joue avec mon téléphone, le repose, sors mon rouge à lèvres, vais aux toilettes, reviens, il est devant moi !
Je suis saoul, dit-il. Deux ou trois heures passées chez une copine. Je ne me souviens plus très bien.
On s’embrasse. Sa main caresse mes fesses, un doigt dans la fente. Gonflé. J’aime. Viens, sortons de là ! Il m’emmène dîner sur le quai aux Briques. Un petit resto aaadorable. Louis est aux anges. J’espère qu’il regrette d’avoir passé tout ce temps avec cette copine. Nous parlons beaucoup. La soirée se poursuit à Anvers. Il fait froid et humide dans cette ville envahie par le brouillard. Louis retire son manteau, le pose sur mes épaules. On s’embrasse. Longuement. Sa langue est si épaisse, que je me retiens pour ne pas la mordre. Je sens son sexe durcir contre mon ventre. Ses doigts s’enfoncent entre mes cuisses, Je me colle contre lui. Il frotte mon pantalon sur mon sexe, humide, retire sa main, renifle ses doigts, les introduit sans mot dire dans ma bouche, doucement jusqu’à l’orée de ma gorge, j’ai du mal à respirer, il caresse mes gencives, appuie sur la langue, la soulève, il m’explore, teste mes réactions. Ses gestes me font tourner la tête. C’est comme s’il me déshabillait au milieu de la rue malgré le brouillard, malgré le froid. Et je le laisse faire sans protester.

Brutalement il cesse Plus tard, pas ici. Le club où nous entrons est presque désert mais ça n’a pas l’air de gêner Louis. On s’installe à une table. Il commande un whisky, je prends une bière. Brune. On danse. La musique est assourdissante. Je me demande un instant ce que je fais là. Louis doit le sentir. Il boit son verre d’un trait. Nous partons. Dans la rue j’éclate de rire Tu ne m’en veux pas ? Louis On va chez moi. Je déboutonne sa chemise, caresse sa poitrine. Je l’embrasse à ma façon, il se laisse faire. C’était gentil de  me faire visiter la Belgique. Il rit. Quatre heures du matin lorsqu’il m’ouvre la porte de son appartement. Je n’attends pas d’être dans la chambre pour me débarrasser de mes vêtements. Louis en fait autant. Nu, à cause de ses cheveux bouclés, il me fait penser à un faune. Je m’agenouille devant lui et l’attire contre moi.

Nous nous levons en début d’après-midi. Je vais préparer un solide petit-déjeuner. Ensuite j’irai chercher tes affaires à l’hôtel. Louis mon chéri.

Flash infos artiste et lieu

Dorothée Smith.  Lire :http://www.institutfrancais-cambodge.com/ppp/?p=159
Dorothée Smith photographie aussi les garçons : http://www.20minutes.fr/culture/diaporama-2495-photo-711641-rencontres-arles-2012-ecole-francaise

Bruxelles / le quai aux Briques : http://www.alovelyworld.com/webbelge/htmfr/bel063.htm

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