C’est lui !

Je l’ai reconnu

En 1879, Alphonse Bertillon, un commis aux écritures de la préfecture de police de Paris, qui connaissait son sujet, mit au point un nouveau mode de classement des fiches signalétiques des prévenus, fondé sur une série de mesures osseuses. Combinés à l’usage du portrait photographique et à un vocabulaire normalisé pour décrire les individus, l’élaboration et le classement des fichiers anthropométriques donnèrent naissance au système Bertillon adopté en 1883 par la police française.

Alphonse Bertillon "Fiche d'identification", fin 19è. Sourcing image : Hommes-Vogue international, n° spécial printemps-été 2002 (collection Vert et Plume)

Vous êtes sûr ?

« Ben…, sûr, sûr… rien n’est jamais sûr !… ». Norbert hésitait. « Y’a quelque chose qui me chagrine. »
« C’est quoi ? » questionna le flic.
« J’ai pas envie qu’après vous m’demandiez de témoigner devant un  tribunal ! »
« Vous avez peur ? »
« Un peu… S’il sait que c’est moi, il enverra un de ses frères pour le venger. C’est pas vous qui me protègerez ».
Disant cela, Norbert jeta sur le bureau du flic un regard circulaire. Murs gris. Une fenêtre haute et étroite qui essayait d’attraper la lumière. Un mobilier en métal à la peinture écaillée. Un ordinateur vétuste. Le flic tapait avec deux doigts. Des collègues à lui entraient, sortaient. Il s’interrompait pour écouter ce qu’ils avaient à dire, des trucs sans importance. Dehors, les truands roulaient dans de belles bagnoles. Leur ordi c’était leur téléphone portable. Quand ils envoyaient un message, l’intéresssé le recevait dans la seconde et avait assez de temps pour agir et se barrer avant que les flics commencent à bouger. En général, ils arrivaient après, quand tout le monde était crevé. Une balle dans le front juste entre les deux yeux. La lame d’un couteau ou une rafale de mitraillette dans le dos…
« Bon, lâcha le flic, relisez le procès-verbal et signez. »
Norbert ne jeta même pas un coup d’œil au papier. Il repoussa sa chaise en bois dur, fit mine d’avoir mal aux fesses et marcha vers la porte.
« Je repasserai. Il faut que je réfléchisse. »
« C’est ça. » Dégoûté, le flic classa le procès-verbal. Au cas où… On ne savait jamais.

0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*
*