Aventure à New-York 2/2

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Aventure à New-York 1/2

2e épisode

Jean n’était pas encore entré dans le séjour, où se trouvait une bibliothèque dont la vue fit naître un sourire de satisfaction sur ses lèvres. Il allait probablement y découvrir des choses intéressantes.
Jean déposa sur une table de travail les photographies qu’il tenait à la main, et s’approcha des étagères pour en examiner le contenu. Ce n’est qu’en revenant s’asseoir, les bras chargés de nouveaux albums de photos, qu’il vit le second Basquiat accroché au mur devant lui !

Il n’imaginait pas un Français avec un Basquiat chez lui

 

Jean-Michel Basquiat « Lobo », 1986. Acrylique et craie grasse sur toile, 126.5 x 100.5 cm. Sourcing image : catalogue de l’exposition « Basquiat, Dubuffet, Soulages, une collection privée », Fondation de l’Hermitage (Lausanne, 2016. Bibliothèque The Plumebook Café

Jean-Michel Basquiat « Lobo », 1986. Acrylique et craie grasse sur toile, 126.5 x 100.5 cm. Sourcing image : catalogue de l’exposition « Basquiat, Dubuffet, Soulages, une collection privée », Fondation de l’Hermitage (Lausanne, 2016. Bibliothèque The Plumebook Café


Il n’en croyait pas ses yeux. En France, peu de personne pensaient à investir des sommes importantes dans l’achat d’œuvres d’art, préférant la pierre à tout autre placement.

Jean rapprocha sa chaise de la table de travail. – Voyons ces albums, murmura-t-il en ouvrant le premier de la pile.
Sa patience fut récompensée à l’instant où le découragent avait commencé à l’envahir. Une nouvelle photo de son fils à l’intérieur du dernier album. Enfin ! À New-York, sur la terrasse de la cafeteria du Whitney Museum. Jack entre deux amis, les bras posés familièrement sur leurs épaules, regardant tous les trois l’appareil que tenait sans doute un visiteur qu’ils avaient sollicité.
L’un des jeunes gens n’était autre que le garçon étendu sur l’herbe au bord de cette pièce d’eau en Nouvelle-Angleterre. Jean ignorait qui était le second. Un beau brun, les yeux en amande, l’air sûr de lui.

Ce fut là tout son butin ! Il ne lui restait qu’à rentrer à l’hôtel, déçu de n’avoir trouvé aucune des lettres dont Jack lui avait parlé.

 

Jean commanda un second whisky

 

Paul Cadmus « The Fleet’s In ! – La Flotte est à quai ! », 1934. Sourcing image : catalogue de l’exposition « La peinture américaine des années 1930, l’âge de l’anxiété » au musér de l’Orangerie (Paris, 2016). Bibliothèque The Plumebook Café

Paul Cadmus « The Fleet’s In ! – La Flotte est à quai ! », 1934. Sourcing image : catalogue de l’exposition « La peinture américaine des années 1930, l’âge de l’anxiété » au musér de l’Orangerie (Paris, 2016). Bibliothèque The Plumebook Café

 

Le concierge de l’hôtel annonça à Jean qu’une personne l’attendait au bar. Jean était étonné et excité à la fois. Qui d’autre que Jack pouvait savoir qu’il était à New-York, dans cet hôtel précisément ?
Il n’eut pas de mal à reconnaître l’intéressé : le beau brun avec les yeux en amande était assis, un verre à la main, dans un de ces gros fauteuils en cuir que l’on trouve encore dans les vieux hôtels anglo-saxons.
L’homme se leva à son approche. Naturellement il n’était plus aussi jeune ni aussi beau que sur la photo, mais son expression n’avait pas changé.
Ils se serrèrent longuement la main. Ils étaient l’un et l’autre émus bien qu’ils ne se connaissaient pas encore.
Jean choisit de boire aussi un whisky, il en avait besoin. Sans eau, on the rocks. Il n’avait pas compris le prénom de son interlocuteur, il lui reposerait plus tard la question. Il but son whisky d’un trait, en commanda un autre.
Quand son verre arriva, Jean se cala dans son fauteuil et regarda son nouveau compagnon d’un air interrogateur. Le signal que ce dernier attendait pour donner à Jean des explications.
Daisy n’avait jamais existé. C’était le nom de code utilisé par Jack pour parler de son ami qui s’appelait en vrai Donald Cleveland. Il était mort. À la suite de ce décès qui l’avait profondément bouleversé, Jack, était retourné en France où il décida de se marier et entamer une nouvelle vie, Le mariage fut le meilleur remède à son chagrin, d’autant que sa femme, à qui il n’avait rien caché, avait aussi connu une expérience semblable.
– J’ai hérité de l’appartement de Donald où vous étiez, expliqua l’homme aux yeux en amande. Dès que je m’y suis installé, j’ai détruit toutes les lettres et les photos intimes, comme Donald l’avait demandé dans son testament. Jack l’ignorait. Il ne restait que les photographies qui désormais vous appartiennent. Jack a monté ce petit scénario pour permettre cette rencontre, souhaitant que je vous raconte son histoire par le menu, ce dont il n’avait plus envie. J’imagine qu’un jour il reviendra dessus avec vous..
Jean se leva.
– Si nous allions dîner ensemble. J’ai tant de questions… Je ne sais rien, je ne vous connais même pas.
– Pour cela, vous devrez demeurer plusieurs jours à New-York. Je vous ferai découvrir la ville.
Ils sortirent de l’hôtel.

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